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Russie

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Fédération de Russie

(ru) Росси́йская Федера́ция / Rossiïskaïa Federatsiïa Écouter

Drapeau
Drapeau de la Russie
Blason
Armoiries de la Russie
Hymne en russe : Государственный гимн Российской Федерации (Gossoudarstvennyï gimn Rossiïskoï Federatsii, « Hymne national de la fédération de Russie »)
Fête nationale
· Événement commémoré
Description de cette image, également commentée ci-après
  • Fédération de Russie
  • Territoires ukrainiens occupés dont l’annexion n’est pas reconnue par la majorité de la communauté internationale
Administration
Forme de l'État république fédérale semi-présidentielle autocratique et totalitaire[1],[2],[3],[4],[5]
Président Vladimir Poutine
Président du gouvernement Mikhaïl Michoustine
Parlement Assemblée fédérale
Chambre haute
Chambre basse
Conseil de la fédération
Douma d'État
Langues officielles Russe
Capitale Moscou

55° 45' N, 37° 42' E

Géographie
Plus grande ville Moscou
Superficie totale 17 234 033[a] km2
(classé 1er)
Superficie en eau 0,5 %
Fuseau horaire UTC +2, +3, +4, +5, +6, +7, +8, +9, +10, +11 et +12
Histoire
Entité précédente
Rus' de Kiev 862
Grande-principauté de Moscou 1283
Tsarat de Russie
Empire russe
République russe
Révolution d'Octobre
RSFS de Russie
Proclamation de l'Union soviétique
Guerre froide 1947 - 1991
Dislocation de l'URSS
Démographie
Gentilé Russe
Population totale ([8]) 146 170 015 hab.
(classé 9e)
Densité 8,4 hab./km2
Économie
PIB nominal (2022) en augmentation 1 829,050 milliards de $
+ 3,01 %[9] (11e)
PIB (PPA) (2022) en diminution 4 365,443 milliards de $
- 2,78 % (6e)
PIB nominal par hab. (2022) en augmentation 12 574,926 $
+ 3,08 %[10] (59e)
PIB (PPA) par hab. (2022) en diminution 30 012,908 $
- 2,71 % (36e)
Taux de chômage (2022) 9,2 % de la pop. active
+ 92,72 %
Dette publique brute (2022) Nominale :
25 111,747 milliards de
+ 12,79 %
Relative :
16,772 % du PIB
- 1,46 %
Monnaie Rouble (RUB)
Développement
IDH (2021) en diminution 0,822[11] (très élevé ; 52e)
IDHI (2021) en diminution 0,751[11] (42e)
Coefficient de Gini (2020) 36,0 %[12]
Indice d'inégalité de genre (2021) en stagnation 0,203[11] (50e)
Indice de performance environnementale (2022) en augmentation 37,5[13] (112e)
Divers
Code ISO 3166-1 RUS, RU
Domaine Internet .ru
.рф
.su
Indicatif téléphonique +7
Code sur plaque minéralogique RUS
Organisations internationales Drapeau des Nations unies ONU :
BRICS+ :
OSCE :
CEI :
APEC :
OCS :
Drapeau de l'OMC OMC :
UEEA :
AIIB :
FPEG :
APSCO (observateur)
G20

CC, cv les gens

forces soviétiques sur un immense saillant de 23 000 km2 situé au sud-ouest de la Russie, à la limite de l'Ukraine, entre Orel au nord et Belgorod au sud. C'est l'une des batailles qui ont déterminé l'issue de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Les généraux soviétiques reprennent progressivement l'initiative et l'Armée rouge, renforcée par des livraisons d'armes alliées, reconquiert les territoires perdus, libère les pays de l'Europe orientale puis rentre victorieuse dans Berlin (mai 1945), au prix d'un terrible bilan de 20 à 30 millions de victimes (dont presque la moitié de civils). Staline et ses alliés occidentaux ont conclu un accord sur un partage de l'Europe en zones d'influence qui entérine le rôle joué par l'URSS dans le conflit (conférence de Yalta). Les pays d'Europe orientale et l'Allemagne de l'Est se voient bientôt imposer un régime socialiste piloté par l'URSS.

La superpuissance soviétique

Le premier homme dans l'espace, Youri Gagarine, en visite à Malmö, Suède, .
Spoutnik 1, le premier satellite artificiel de la Terre, lancé par l'URSS.

La guerre a saigné l'URSS (plus de 20 millions de victimes dont une majorité de civils) et détruit une bonne partie de ses installations industrielles et de ses villes. L'immédiat après-guerre est une période de reconstruction. Le pays retrouve son niveau de production industrielle d'avant-guerre puis le double en 1952. L'industrie nucléaire se développe, avec la création du complexe nucléaire Maïak. L'URSS effectue son premier essai nucléaire en 1949, accédant ainsi au rang de seconde puissance nucléaire mondiale.

Dans le même temps, le culte de la personnalité est porté à son comble par Staline. Peu après le décès de celui-ci en 1953, Nikita Khrouchtchev accède au pouvoir (1953) et dénonce les excès de son prédécesseur. Sur le plan intérieur commence une période de relative prospérité ; les droits des citoyens sont mieux respectés, c'est le début d'une certaine libéralisation. L'URSS stupéfie le monde par son avance dans le domaine spatial en mettant en orbite le premier Spoutnik et en y envoyant Youri Gagarine, premier homme dans l'espace. Sur le plan international, l'URSS élargit son influence à de nombreux pays du tiers monde et parvient par des investissements massifs dans l'armement à faire jeu égal avec les États-Unis, notamment dans le domaine nucléaire et des missiles balistiques. Cette période de guerre froide se traduit par de nombreux conflits ou tensions un peu partout dans le monde entre les deux superpuissances et leurs alliés. La crise de Cuba en 1962 manque de dégénérer en un conflit nucléaire. L'accession de Léonid Brejnev au pouvoir (1964) se traduit par une relative détente entre les deux grands, grâce aux travaux de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe mais également, sur le plan intérieur, par une réduction des tentatives de réforme qui n'avaient pas réussi à son prédécesseur (la campagne des terres vierges entre autres). L'écart entre le niveau de vie des Soviétiques et celui des habitants des pays occidentaux s'accroît. La tension entre les deux superpuissances reprend à compter de 1979 à la suite de l'invasion de l'Afghanistan et de l'arrivée de Ronald Reagan à la tête des États-Unis en 1980.

Fin de l'URSS

Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985 en prenant la tête du PCUS avec la volonté de réformer le régime pour combattre la stagnation économique et les reliquats du stalinisme, mais ses réformes donnent des résultats plutôt mitigés. La perestroïka (restructuration économique) n'a pas atteint les objectifs escomptés ayant aggravé les pénuries de biens de consommation et les inégalités sociales entraînant un mécontentement populaire, tandis qu'une démocratisation du régime, amorcée avec la glasnost (transparence), déclenche des conflits interethniques et la montée des nationalismes, mal perçus par les Russes. En 1986, le pays est confronté à la Catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Les élections législatives de 1989 sont marquées par l’émergence des réformateurs et des nationalistes. La même année, les troupes soviétiques se retirent d’Afghanistan. Le mur de Berlin chute le sans que l’URSS ne s’y oppose et dès 1990, les trois républiques baltes déclarent leur indépendance.

Vers 1991, un véritable dualisme du pouvoir s'installe au Kremlin - la puissance montante des structures étatiques russes libérées de la tutelle du PCUS, avec Boris Eltsine en tête, face aux organes du pouvoir soviétique et communiste, archaïque et conservateur, essayant en vain de freiner les réformes gorbatchéviennes et de préserver le système soviétique. Lors d'un référendum organisé le , 77,85 % des électeurs votent pour la préservation de l'Union soviétique. Un nouveau traité devait être signé entre les républiques le . Cependant un coup d'État mené par les conservateurs le 19 août échoue mais empêche l'adoption du projet et accélère la chute du pays.

Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan, Moscou, 1988.

L'URSS s'effondre : les républiques qui la constituaient prennent leur indépendance, le Conseil d'assistance économique mutuelle créé en 1949 et le Pacte de Varsovie (1955) ne sont plus. Mikhaïl Gorbatchev démissionne le . La fédération de Russie reprend de l'ancienne superpuissance mondiale les trois quarts de son territoire, plus de la moitié de sa population, les deux tiers de son industrie et la moitié de sa production agricole. État continuateur de l'URSS, elle occupe désormais sa place dans les institutions internationales, dont le siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, mais assume également le passif financier de l'ancienne URSS. Une union politique et économique, la Communauté des États indépendants (CEI), est fondée quelques jours avant la démission de Gorbatchev pour tenter de maintenir des liens privilégiés entre les anciennes républiques soviétiques.

Bien que la Russie, dirigée par Boris Eltsine à partir de 1991, soit l’héritière de l'Union soviétique, elle ne peut endosser son rôle de superpuissance. Elle est en effet confrontée à de nombreux problèmes internes, parmi lesquels l'élaboration laborieuse d'un système politique démocratique et une guerre de sécession en Tchétchénie, et laisse la grande politique mondiale aux Américains et à leurs alliés.

Effondrement, puis redressement économique

Moskva-City, un quartier d'affaires en pleine expansion.

Eltsine, le premier président de la Russie postsoviétique, donne une inflexion libérale au nouveau régime. La société russe, qui a dû abandonner le socialisme, est profondément bouleversée. Quelques oligarques construisent des fortunes. Mais le déclin de l'outil économique, l'affaiblissement de l'État fédéral provoquent une chute catastrophique du niveau de vie des Russes.

Thérapie de choc

La transition vers l'économie de marché est alors apparue inéluctable pour la fédération russe née fin 1991. Deux approches économistes s'opposaient vis-à-vis des modalités de cette transition vers le capitalisme[14]:

  • D'une part, les partisans d'une thérapie de choc, qui prônaient la libéralisation rapide des prix et du commerce, des programmes de stabilisation de l'inflation et des privatisations massives. Cette école est menée par le professeur Jeffrey Sachs.
  • D'autre part, les institutionnalistes ou « gradualistes », prônant une transition plus progressive. Pour eux, la Russie doit donc reconstruire son système juridique (pour permettre aux entreprises de négocier leurs contrats) et ses structures de régulation (pour assurer le bon fonctionnement du système financier, par exemple). Pour les gradualistes, les privatisations ne sont pas une fin en soi mais avant tout une façon de stimuler la concurrence, l'innovation et la productivité. Il faut être très prudent et libéraliser l'économie, privatiser le secteur public, qu'à mesure que les institutions nécessaires au bon fonctionnement du marché se développeraient.

Appuyés par les instances internationales (FMI, BERD, etc.), les partisans de la « thérapie de choc » (Jeffrey Sachs) l'emportèrent et conseillèrent le gouvernement russe.

À partir de 1992, la Russie privatisa massivement, la thérapie de choc étant mise en œuvre de façon complète à partir de 1994 : à cette époque, plus de 50 % du secteur public (112 625 entreprises d'État) avaient été privatisés. Sur le plan économique, la planification dirigiste et centralisée de l'économie est ainsi abandonnée sans transition au profit d'un mode de fonctionnement s'inspirant des thèses libérales des économistes de l'école de Chicago. Les moyens de production ont été en grande partie privatisés, dans des conditions souvent obscures.

Transition vers l'économie de marché

Évolution du PNB en Russie 1991-2019.

La transition rapide vers une économie de marché capitaliste provoque au cours des années 1990 un effondrement total de l'économie. Le PIB est divisé par deux en quelques années, et une crise financière majeure en 1998 plonge une grande partie de la population dans de graves difficultés (exceptée une infime minorité de nouveaux riches, surnommés « nouveaux Russes »). La privatisation assortie de l'ouverture des marchés des capitaux facilite la ruée des capitaux hors du pays.

Si l'on prend le seuil de pauvreté de 2 $ par jour, 23,8 % de la population vit désormais dans la pauvreté sous le nouveau régime capitaliste, contre seulement 2 % en 1989 sous le régime communiste[15]. Le chômage, qui s'élevait à moins de 0,1 % de la population active au début des années 1990, a grimpé à 0,8 % en 1992 et jusqu'à 7,5 % en 1994, quatre fois plus vite qu'en Biélorussie (0,5 % en 1992 et 2,1 % en 1994), qui a elle adopté une méthode plus graduelle de libéralisation.

Pour le prix Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz, la thérapie de choc a été une grave erreur. Dans son livre, La Grande Désillusion il écrit ainsi : « Les privatisations ont été réalisées avant d’avoir mis en place le cadre juridique et institutionnel nécessaire. L’argument du FMI était que des droits de propriété sont essentiels pour l’efficacité d’une économie. Mais rien ne s’est déroulé selon ce scénario. Les privatisations ont accru les possibilités de pillage et les raisons de piller au lieu de réinvestir dans l’avenir du pays. L’absence de lois assurant une bonne gouvernance d’entreprise a incité ceux qui parvenaient à prendre le contrôle d’une firme à voler les actionnaires, en pillant les actifs des entreprises ».

Lorsque la présidence de Boris Eltsine touche à sa fin, l'économie russe est au plus bas. Le PIB a baissé de 7,5 % par an en moyenne entre 1990 et 1998, à une époque où la Chine, autre pays en transition, connaissait un taux de croissance annuel moyen de 10 %.

Élections

De plus, l'armée est tenue en échec dans le conflit qui l'oppose aux séparatistes islamistes en Tchétchénie. Les élections de 1993 se traduisent par une montée du courant nationaliste (22,92 % des votes vont au Parti libéral-démocrate de Russie de Vladimir Jirinovski, contre 7,81 % en juin 1991) et le maintien d'un vote communiste important (12,40 % des votes, contre 16,85 % en juin 1991). Une nouvelle constitution, adoptée en décembre 1993 après une grave crise constitutionnelle et la mise au pas du Congrès des députés du peuple à l'aide de l'armée, donne un tour plus présidentiel au régime. La période est également caractérisée par de grands mouvements de population entre les États composant l'URSS (population russe des États voisins se repliant en Russie, émigration des Russes de religion juive ou d'origine allemande, fuite des cerveaux) et au sein même de la Russie (abandon des campagnes et des zones les plus éloignées en Sibérie). Le désordre économique et politique se prolonge jusqu'en 1998, date à laquelle le système financier russe s'effondre : entre 1990 et 1998 le PIB aura chuté de 45 %.

L'actuel président de la fédération, Vladimir Poutine en compagnie du président du gouvernement Dmitri Medvedev (2008).

Vladimir Poutine, porté au pouvoir en 2000, se donne pour objectif de rétablir le fonctionnement de l'État et de l'économie par le biais d'un régime présidentiel fort. Le nouveau président bénéficie de l'envolée du cours des matières premières, dont la Russie est le plus grand producteur. Il lance des réformes structurelles visant entre autres à rétablir la « verticale des pouvoirs ». Des mesures ont été prises contre la fraude fiscale, ce qui s'est traduit par l'arrestation de certains oligarques. Depuis 2000, la Russie connaît une croissance forte (augmentation du PIB de 7 % en moyenne) étroitement liée à la montée des prix des matières premières et plus particulièrement du pétrole et du gaz. L'afflux de revenus qui en découle permet le développement du secteur tertiaire (banque, assurance, distribution) et la croissance de la consommation intérieure. Vladimir Poutine tente de redonner à la Russie un rôle de premier plan sur la scène internationale en profitant, entre autres, des déboires américains en Irak, et de renouer des liens privilégiés avec les anciennes républiques composant l'URSS en maniant alternativement la manière forte (Biélorussie, Ukraine) et une approche plus diplomatique. Son successeur, Dmitri Medvedev, élu en mars 2008, est plus libéral, mais continue d'appliquer la politique générale de Poutine. Par ailleurs, la guerre d'Ossétie en 2008 étend l'influence russe dans le Caucase, en particulier en Abkhazie et en Ossétie du Sud-Alanie. Vladimir Poutine lui succède à nouveau après l'élection présidentielle de mars 2012.

Vladimir Poutine est réélu au premier tour de l'élection présidentielle du 18 mars 2018.

Exacerbation des tensions avec l'Occident et expansionnisme militaire

En 2014, à la suite de l'annexion de la Crimée, le gouvernement de Vladimir Poutine est critiqué par les autres pays du G8 qui suspendent son adhésion au groupe, reformant ainsi temporairement le G7.

À la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, l'Occident adopte des sanctions contre l'économie russe qui entre en récession de 4 % au second semestre de 2022 d'après l'agence de statistique Rosstat[16]. L'Europe et les États-Unis livrent également de grandes quantités d'armement pour permettre à l'Ukraine de résister face à l'invasion[17].

Politique

Bill Clinton et Boris Eltsine, le .
Vladimir Poutine et le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad, en 2003.

La Constitution de 1993, adoptée à la suite de la crise constitutionnelle russe de 1993 qui avait opposé le président Boris Eltsine à l'Assemblée et n'avait pu être résolue que par l'intervention des chars, définit la Russie comme une fédération et une république présidentielle dans laquelle le président de la fédération, en tant que chef de l'État, dirige la Nation et le président du gouvernement dirige le gouvernement. Le pouvoir exécutif est exercé par le chef de l'État.

Le président de la fédération est élu au suffrage universel pour une période de six ans depuis 2012. Son mandat est renouvelable une seule fois. La dernière élection présidentielle a eu lieu le 18 mars 2018.

Le pouvoir législatif est représenté par l'Assemblée fédérale, un parlement bicaméral composée de :

La constitution russe garantit l'égalité de tous les citoyens devant la loi et l'indépendance des juges. Les procès doivent être publics et le droit de la défense est garanti aux accusés.

Selon la loi fédérale, le dirigeant d'un sujet de la fédération de Russie est élu soit par les citoyens de la fédération de Russie résidant dans ce sujet sur la base du suffrage universel, égal et direct, au scrutin secret, soit par les députés de l'organe législatif de ce sujet sur la proposition du président de la fédération de Russie, qui a aussi le droit de destituer le dirigeant d'un sujet de la fédération de Russie et d'en désigner un par intérim (jusqu'aux élections prochaines dans ce sujet de la fédération de Russie).

Les principaux partis sont le parti progouvernemental « Russie unie » (325 sièges à la Douma aux élections de 2021), le Parti communiste de la fédération de Russie (57 sièges), Russie juste (27 sièges), et le Parti libéral-démocrate de Russie (21 sièges). La majorité des trois quarts est nécessaire à la destitution du chef de l'État.

Le président de la Russie est Vladimir Poutine (réélu le 17 mars 2024, pour son cinquième mandat). Depuis son arrivée au pouvoir en 2000, la Russie a connu un recul démocratique jusqu'à devenir un État autoritaire et autocratique, certains allant jusqu'à la qualifier d'État totalitaire[18],[19],[20].

Défense et géostratégie de la Russie

La Russie a reconnu l'indépendance des républiques sécessionnistes de la Transnistrie, de la Crimée (intégrée), de l'Ossétie du Sud-Alanie et de l'Abkhazie.
  • Russie
  • Anciennes républiques socialistes soviétiques
  • Territoires post-soviétiques ayant déclaré leur indépendance et reconnus par la Russie
  • Territoires post-soviétiques ayant déclaré leur indépendance et reconnus uniquement par des territoires devenus indépendants, eux-mêmes reconnus par la Russie
Les vozdouchno-dessantnye voïska ou VDV (en russe : Воздушно-десантные войска, en abrégé ВДВ, « troupes aéroportées ») en manœuvre au Kazakhstan.

L'actuelle armée russe, formée en 1992, est l'héritière de l'ancienne Armée rouge qui fut l'Armée soviétique de 1922 à 1991, année de la dislocation de l'URSS. Elle a hérité de l'armement et de l'équipement de l'armée soviétique située sur le territoire russe, ainsi que de la totalité de l'arsenal nucléaire soviétique qui lui a été transféré par le Kazakhstan, l'Ukraine et la Biélorussie[réf. souhaitée].

Évolution du stock d'armes nucléaires.

La Russie est l'un des cinq pays reconnus officiellement par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) comme possédant l'arme nucléaire. Elle possède d'ailleurs le plus vaste arsenal nucléaire au monde avec plus de 16 000 têtes nucléaires[21] dont 3 500 sont opérationnelles.

Après la chute de l'URSS, malgré la baisse des effectifs et du budget, l'armée russe reste une armée de premier plan à l'échelle mondiale[réf. souhaitée].

La Russie est en tête des exportations d'armes, devant la France (5,2 milliards de dollars) et derrière les États-Unis (26,9 milliards de dollars) avec un excédent de 7,2 milliards de dollars américains, émanant de son secteur de l'armement[22]. Les principaux clients de la Russie sont l'Inde et la Chine en tête, puis notamment l'Iran, le Venezuela et l'Algérie[23].

La Russie considère devoir se protéger contre diverses « menaces » : indépendantistes au sein de la Russie, rivalités avec ses voisins de l'Ouest, d'Asie Mineure, du Japon, de Mongolie et de Chine. Elle surveille de près les détroits turcs pour accéder à la Méditerranée, le « verrou » danois pour accéder à l'océan Atlantique et à l'Est, le « verrou » japonais pour l'océan Pacifique, et l'Arctique notamment pour le pétrole[24].

  • Effectifs : 1 140 000 militaires et 2 000 000 réservistes.
  • Budget : 70 milliards de $ (2008)[25].

Durant l'invasion de l'Ukraine, la Russie perd énormément d'équipements militaires au combat[26].

Politique étrangère

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron, Saint-Pétersbourg, le .

Relations avec les anciens territoires soviétiques

La Russie a des relations amicales avec les républiques d'Asie centrale, la Biélorussie, l'Azerbaïdjan et l'Arménie.

Les pays baltes (Estonie, Lettonie, lituanie), partie intégrante de l'espace culturel nord-européen depuis le XIIe siècle et indépendants à partir de 1918, ont été occupés par l'URSS en 1940, puis de 1944 à 1991. En 1940, la création de républiques soviétiques portant leur nom au moyen d'élections truquées était une opération de propagande soviétique visant à montrer une adhésion volontaires des trois pays à l'URSS[27]. Bien qu'elle ait reconnu le rétablissement de l'indépendance des pays baltes, la Russie maintient sa position et nie le caractère illégal et illégitime de l'occupation[28],[29]. En 1991, les états baltes ont rétabli la continuité de leurs états d'avant-1940, se sont déconnectés de l'influence russe puis ont rejoint l'OTAN et l'Union européenne en 2004. Plus largement, les sociétés des états baltes voient les actions de l'URSS et de la Russie actuelle comme la continuité de l'impérialisme russe, et de ce fait prennent leurs distances avec la Russie.

La Russie entretient des relations compliquées avec la Géorgie, pays isolé diplomatiquement, où une guerre a eu lieu en 2008.

Les relations sont difficiles avec la Moldavie, en raison du problème de la république séparatiste prorusse de Transnistrie.

Les relations avec l'Ukraine, tendues depuis la révolution de Maïdan, sont devenues hostiles avec l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et l'instauration des républiques séparatistes du Donbass, aboutissant à l'état de guerre avec l'invasion russe de février 2022. Les sanctions économiques contre la Russie depuis l'occupation de la Crimée et la guerre du Donbass ont été aggravées immédiatement après cette invasion par les États-Unis et l'Union européenne.

Depuis la chute de l'URSS, la Russie s'est engagée dans plusieurs conflits de la sphère ex-soviétique : guerre civile du Tadjikistan (1992-1997), conflit en Ossétie du Nord de 1992, guerre du Dniestr (1992), première guerre de Tchétchénie (1994-1996), invasion du Daghestan (1999), seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009), deuxième guerre d'Ossétie du Sud (2008), guerre du Donbass (2014-2022), invasion de l'Ukraine (2022).

Relations avec le reste du monde

Vladimir Poutine a soutenu Bachar el-Assad dans la guerre civile syrienne en intervenant militairement.

D'après Taline Ter Minassian, professeure d'histoire contemporaine à l'INALCO, « le Kremlin a parfois cherché à utiliser la Chine comme contrepoids à l'Europe et aux États-Unis, mais la relation entre Moscou et Pékin est un mélange de coopération et de compétition. [...] les deux puissances sont également concurrentes pour étendre leur influence en Asie centrale, et la Chine noue des liens économiques avec la Serbie et l'Ukraine »[30].

Économie

Station-service Rosneft. C'est la deuxième companie pétrolière mondiale derrière Saudi Aramco[31].

De l'égalité initiale, en l'an 1000, avec l'Europe[réf. souhaitée], le PIB par habitant russe n'a cessé de fléchir. Les Mongols rassemblés sous Gengis Khan ruinent son économie au XIIIe siècle. Les tsars fondent un empire fondé sur la puissance militaire et le féodalisme, mais ne peuvent « rattraper » le retard pris sur l'Europe. Les efforts entrepris par Moscou ont permis à l'époque soviétique quelques rebonds au XXe siècle, vite retombés lors de la dislocation de l'URSS, le PIB par habitant russe n'atteignant que 50 % du PIB franco-allemand et 40 % du PIB américain au début du XXIe siècle[32]. De son passé soviétique, la Russie a hérité d'une industrie métallurgique lourde puissante et concurrentielle, d'un savoir-faire pointu dans les domaines de l'aéronautique, de l'armement et de l'énergie[réf. souhaitée].

La Russie fait partie des pays économiquement développés : PIB de 2 056 milliards de $ en 2010 (nominatif), 2 097 milliards de $ (en parité de pouvoir d'achat[33], 7e rang en 2007). Son économie est marquée par le poids des industries extractives : gaz naturel (1er producteur et exportateur mondial), pétrole (1er producteur)[34], charbon (6e pays producteur), métaux non ferreux.

L'agriculture, longtemps handicapée par la collectivisation des exploitations agricoles sous le régime soviétique, malgré le labourage des terres vierges dans les années 1970, composant avec un environnement naturel globalement peu favorable et immense, est structurellement déficitaire (déficit en valeur de 10 milliards de $). Mais la Russie peut être considérée comme une puissance agricole forte – la Russie est le premier producteur mondial d'orge, de framboise, de groseille. Elle est aussi un gros producteur de betteraves, de blés et de pommes de terre.

Moscou, le nouveau quartier des affaires Moskva-City.

La répartition du PIB (secteur primaire 7 % – secondaire 37 % – tertiaire 56 %) reflète la montée en puissance des services[réf. nécessaire].

Le fonctionnement de l'économie russe a subi des transformations radicales après les réformes entamées par Gorbatchev dans la 2e moitié des années 1980 (perestroïka), caractérisées par le passage d'une économie planifiée (dont l'ensemble des moyens de production étaient contrôlés par l'État) à un mode de fonctionnement basé sur l'économie de marché.

Ce processus de transformation est à l'origine d'une crise économique profonde, culminant avec la crise financière en 1998, dont la Russie s'est progressivement relevée depuis : le PIB a retrouvé en 2007 son niveau de 1990. L'évolution du prix des matières premières a grandement favorisé la reprise économique amorcée en 1998. Avec une croissance du PIB supérieure à 6 % en moyenne depuis cette date, l'État russe a pu régler par anticipation les emprunts contractés au plus fort de la crise financière et ramener la dette publique à 8 % fin 2007[réf. souhaitée].

La Russie s'est constituée la troisième réserve de change du monde (504 milliards de $ en février 2012[réf. souhaitée]) grâce à une balance des paiements excédentaire de 10 % du PIB durant cette période[réf. souhaitée]. Le budget de l'État, régulièrement excédentaire grâce à une gestion prudente[réf. souhaitée] de la manne financière constituée par des rentrées fiscales plus efficaces[réf. souhaitée] et au prix assez élevé des hydrocarbures, a permis la constitution en 2004 d'un fonds de stabilisation qui se montait à 130 milliards de dollars en septembre 2007. L'État russe a retrouvé des moyens financiers permettant de lancer des projets d'envergure (infrastructures, soutien à l'investissement)[réf. souhaitée].

Des secteurs importants de l'industrie russe sont, depuis la libéralisation de l'économie, confrontés à la concurrence des entreprises étrangères : celle-ci n'est freinée que dans des domaines jugés stratégiques[réf. souhaitée] (construction automobile, ressources minières et énergétiques, industrie de l'armement). La Russie reste le deuxième exportateur mondial d'armes (avions de chasse, sous-marins, etc.)[22]. Mal préparée, l'industrie légère russe a vu ses parts de marché fondre sur le marché national. Le phénomène touche également des industries de pointe comme la construction aéronautique. Les exportations sont désormais en grande partie composées de produits à faible valeur ajoutée (hydrocarbures et métaux représentaient en 2005 82 % des exportations en volume et non en valeur). La croissance de cette économie peu diversifiée est très sensible aux évolutions du prix des matières premières[réf. souhaitée].

Le PIB par habitant s'élevait en 2007 à 12 200 $ et le taux de chômage à 6,6 % (2006). Mais ce PIB est très inégalement réparti. La libéralisation de l'économie a accentué un phénomène qu'avait jusqu'à présent contrebalancé le régime socialiste. La richesse s'est plutôt concentrée au cours de la décennie dans quelques régions favorisées : les deux métropoles de Moscou et Saint-Pétersbourg, les régions sibériennes où sont situés les gisements d'hydrocarbures et quelques régions industrielles (Tatarstan, Iekaterinbourg, Samara, etc.). La ville de Moscou concentre à elle seule 22 % du PIB russe[35].

Le taux de TVA est rehaussé de 18 % à 20 % en 2019[36].

En 2023, la Russie est classée en 51e position pour l'indice mondial de l'innovation[37].

Agriculture

Champ céréalier dans la plaine de Rostov-sur-le-Don.

Les statistiques officielles de la fédération de Russie reconnaissent trois formes d'exploitations agricoles. Les organisations agricoles, les fermes privées et les lopins de terre. La culture du blé et des pommes de terre en représente une large part. La Russie est cinquième au palmarès des producteurs mondiaux de céréales au milieu des années 2010, dominé par les États-Unis, car elle a très fortement augmenté ses récoltes entre 2012 et 2016[réf. souhaitée].

L'élevage porcin et de volaille est également très répandu. En revanche, l'élevage de bovins est essentiellement destiné à la production laitière[réf. nécessaire]. La betterave sucrière est également une réussite du secteur agricole. Sur les six premières années de la décennie 2010, le pays a confirmé sa huitième place au palmarès des grands producteurs mondiaux de sucre[38], grâce à une progression de près d'un cinquième des volumes de betterave récoltés.

Les conditions climatiques de la Russie ne lui permettent une mise en culture de ses terres que sur une période relativement courte (environ sept mois de l'année). La dimension de sa surface agricole utilisée et le facteur climatique permettent sans doute d'expliquer que son agriculture est plutôt extensive qu'intensive[réf. souhaitée].

Les variations paysagères et structurales de l'espace agricole russe se font largement suivant un gradient nord-sud défini essentiellement par le climat[réf. souhaitée]. Cette variation régionale est visible par le degré de mise en culture du territoire, par la densité de population et par la taille des bourgs[réf. souhaitée].

Énergie

Principaux gazoducs existants et en projet approvisionnant l'Europe en gaz russe.

La Russie est considérée comme une grande puissance énergétique[31]. Elle possède les plus grandes réserves de gaz naturel du monde (32 % des réserves prouvées, 23 % des réserves probables), ainsi que les deuxièmes plus grandes réserves de charbon (10 % des réserves prouvées, 14 % des réserves probables), les huitièmes pour le pétrole (12 % des réserves prouvées, 42 % des réserves probables), et 8 % des réserves prouvées d'uranium[39]. En 2021, la Russie était le 3e pays exportateur et consommateur d'énergie du monde[40].

La production d'énergie de la Russie atteignait en 2011[41] un total de 1,31 milliard de Tep, dont 42 % pour le gaz naturel, 39 % pour le pétrole, 14 % pour le charbon ; le nucléaire (3,5 %) et les énergies renouvelables pèsent peu à côté de ces mastodontes, bien que la Russie compte plusieurs centrales hydroélectriques et nucléaires parmi les plus puissantes du monde[réf. nécessaire].

La Russie était en 2012 le 2e producteur de pétrole et de gaz naturel du monde, 6e pour le charbon, 3e producteur d'électricité nucléaire en 2011 et 5e pour l'hydroélectricité[42].

Une part importante (45,6 %) de cette production est exportée : 48 % du pétrole, 30 % du gaz naturel et 45 % du charbon ; la Russie était en 2011 le 2e exportateur de pétrole du monde et en 2012 le 1er exportateur de gaz naturel et le 4e de charbon[41].

Les taxes sur les hydrocarbures financent en 2022 40 % du budget de la Russie[43]. L'industrie des hydrocarbures représente en 2021 15 % du PIB de la Russie, ce qui est comparable à la Norvège, mais bien moins que l'Arabie Saoudite (50 %) et plus que les Etats-Unis (8 %)[44].

La consommation d'énergie de la Russie est très élevée : 5,15 Tep par habitant en 2011 (France : 3,88) et les émissions de gaz à effet de serre de la Russie étaient de 11,65 tonnes de CO2 par habitant (France : 5,04 tCO2/hab ; États-Unis : 16,94 tCO2/hab ; Chine : 5,92 tCO2/hab)[42].

Transports

Transport ferroviaire

Réseaux ferrés les plus importants de Russie.

La compagnie des chemins de fer russes (RJD) connecte toutes les villes importantes de Russie.

Le Transsibérien est le plus célèbre des trains russes. Le train rapide Allegro relie Helsinki à Saint-Pétersbourg depuis 2010. Le réseau ferroviaire régional se nomme « Elektritschka ».

  • Voie ferrée Turkestan – Sibérie ou Turksib :
Le Tursib relie Tachkent à Novossibirsk et met ainsi en relation le Transcaspien et le Transsibérien. La voie ferrée part de Tachkent, en Ouzbékistan, d'où elle se sépare du chemin de fer Transcaspien. Elle se dirige ensuite vers le nord-est et traverse les villes de Chymkent, Taraz, Bichkek et atteint Almaty. De là, le Turksib se dirige vers le nord et franchit la frontière russe, puis passe à Barnaoul et arrive à Novossibirsk, où il rejoint le Transsibérien.

Routes et autoroutes

Prisonniers sur la « Kolyma », dans les années 1930.
Est une route de Russie orientale qui relie Magadan et Iakoutsk. Elle est longue de 2 032 km et fut construite sous Staline et sous la direction du Dalstroï. La route est considérée comme le témoin d'une époque, et tire son nom du fait que les os des prisonniers morts durant la construction lui furent incorporés.
Route fédérale de la république de Sakha (Iakoutie), en Russie, reliant Iakoutsk à Skovorodino, ville située au sud de la Sibérie, près du fleuve Amour, et gare de chemin de fer sur le Transsibérien.
Cet axe routier fut inauguré en 1950. Il part de la ceinture périphérique MKAD de Moscou en direction du sud-ouest vers Toula, Orel, Koursk et Belgorod. Sa longueur est de 720 kilomètres. La M2 est en grande partie de type autoroutier.

Voies maritimes

Ensemble de cours d'eau, de lacs et de canaux du nord-ouest de la Russie, qui relie la Volga à la mer Baltique. Sa longueur totale, de Tcherepovets au lac Onega est de 368 km. Réalisé au début du xixe siècle, le système a été reconstruit dans les années 1960 afin d'accueillir des bateaux de plus fort tonnage.
Sur une carte, ce n'est qu'une fine cicatrice bleutée au milieu de la Sibérie orientale. En réalité, la largeur du fleuve est par endroits si importante que l'on croit être au bord de la mer. L'Ienisseï prend sa source dans l'ouest de la Mongolie et se jette, 4 000 km plus loin, dans la mer de Kara. De nombreuses agences de voyages basées à Krasnoïarsk proposent des croisières ralliant Doudinka, 2 000 km plus au nord. Tous les ports ponctuant l'Ienisseï ont été construits par les prisonniers des camps. Il s'agissait d'organiser le flottage du bois, principale ressource de la région. Aujourd'hui les échanges commerciaux se font par la mer, en brise-glace, et le fleuve est laissé à l'abandon : paysages, rencontre des peuples autochtones, communautés de Vieux-croyants, anciens bagnards... C'est toute l'histoire de la Sibérie qui se lit le long du fleuve.
Le fleuve est navigable de bout en bout, mais il est gelé de décembre à avril ; il est utilisé de manière intensive pour le transport du bois par flottage. Le canal de la Dvina septentrionale le relie à la Volga qui se jette dans la mer Caspienne et par un autre canal il est relié à la mer Noire. Un autre canal permet aux bateaux naviguant sur la Dvina septentrionale d'atteindre le golfe de Finlande en passant par les lacs Ladoga et Onega. Grâce à la Dvina, la mer Blanche est reliée à la fois à la mer du Nord et à la mer Méditerranée. La Dvina septentrionale est une voie de communication importante de la Russie du nord.
Le brise-glace nucléaire russe Yamal.
C'est le plus court chemin de l'Europe à l'Asie. On le sait depuis 1648, année durant laquelle un navigateur cosaque, Simon Dejnev, identifie la voie et franchit, le premier, le détroit de Béring. Il n'est navigable qu'en été. Mais des chenaux de navigation sont ouverts par de puissants brise-glace nucléaires russes pour étendre au maximum la période de navigation sur cette voie stratégique.
Le canal forme un élément du Réseau unifié en eau profonde de la Russie d'Europe. Le canal Lénine, la Volga et le Don forment ensemble la voie la plus directe reliant la mer Caspienne à la mer d'Azov, et donc la mer Noire et les océans.
  • Navigation sur l'Ob :
Le fleuve Ob, à Barnaoul.
L'Ob est une voie de communication majeure pour la Sibérie occidentale même s'il n'est navigable que 190 jours par an en moyenne dans son cours supérieur et environ 150 jours dans son cours inférieur. Une bonne partie des marchandises transportées sur le fleuve transite ensuite par la route maritime du nord à travers l'Arctique. Le transport fluvial agit en complémentarité avec le Transsibérien qui assure les liaisons est-ouest entre les grands bassins sibériens, bassin agricole d'Omsk sur l'Irtych et le bassin charbonnier du Kouzbass sur le Tom. Le grand axe ferroviaire franchit l'Irtych à Omsk et l'Ob à Novossibirsk, le Turksib, qui lie l'Asie centrale à la Sibérie, aboutit dans cette dernière ville après avoir traversé l'Ob supérieur à Barnaoul. À la fin du XIXe siècle, un ensemble de canaux qui utilisait la rivière Ket a été construit pour mettre en communication le fleuve avec l'Ienisseï, mais il a depuis été abandonné car n'étant pas compétitif par rapport au transport ferroviaire.

Espace aérien

Airbus A330 de la compagnie Aeroflot.

Principales plates-formes de correspondances :

  • Moscou, ville desservie par deux plates-formes, l'aéroport de Moscou-Cheremetievo pour Aeroflot, et l'aéroport de Moscou-Domodedovo qui est le plus grand aéroport de Russie en nombre de passagers et de fret, légèrement devant l'autre grand aéroport de Moscou, l'aéroport international Cheremetievo, avec 20 430 000 passagers en 2008, puis la compagnie Transaero (licence d'exploitation retirée en octobre 2015) et S7 Airlines qui est la première sur le marché intérieur.
  • Saint-Pétersbourg, la ville est desservie par deux aéroports situés à environ douze kilomètres au sud du centre-ville. Après Moscou il s'agit de la deuxième plate-forme aéroportuaire de Russie avec six millions de passagers en 2007.
    • Aéroport de Poulkovo pour les vols internationaux. De nombreuses compagnies desservent Saint-Pétersbourg, dont la compagnie aérienne Pulkovo Aviation.
    • l'aéroport Pulkovo I pour les vols intérieurs.
Localisation de Vladivostok en Extrême-Orient russe, juste au nord de l'île Rousski (en rouge).

Compagnies aériennes :

  • Utair, basée à l'aéroport de Tioumen, compagnie aérienne exploitant tout à la fois des avions et des hélicoptères ;
  • NordStar, est une compagnie aérienne russe basée à Norilsk, importante compagnie aérienne du kraï de Krasnoïarsk ;
  • RusLine, compagnie aérienne russe, dont le siège est à Moscou. Elle est spécialisée dans les vols intérieurs en Russie, mais dessert quelques destinations en Europe de l'Est, au Proche et au Moyen-Orient ;
  • Ural Airlines, est une compagnie aérienne russe basée à l'aéroport Koltsovo, desservant la ville d'Iekaterinbourg ;
  • VIM Airlines, est une compagnie aérienne russe basée à Moscou. Elle effectue des vols charters et réguliers ainsi que des vols cargo au départ de Moscou ;
  • Yamal, est une compagnie aérienne russe, dont le siège est à Salekhard.

Numérique

L'industrie numérique russe connaît une croissance notable, grâce notamment à des entreprises comme Yandex, Kaspersky et Mail.ru Group, toutes trois connues à l'étranger.

On peut aussi citer VKontakte, un réseau social qui constitue en Russie une alternative à Facebook.

Dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine, le gouvernement russe bloque l'accès aux réseaux sociaux Facebook et Instagram, utilisés par 62 millions de Russes[45].

Droits de l'homme

Indice de perception de la corruption en 2021[46].
  • Score supérieur à 79
  • Score entre 70 et 79
  • Score entre 60 et 69
  • Score entre 50 et 59
  • Score entre 40 et 49
  • Score entre 30 et 39
  • Score entre 20 et 29
  • Score inférieur à 20
  • Données indisponibles

Bien que la Russie soit signataire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, sa gestion de la démocratie et des Droits de l'homme est très critiquée par les organisations internationales. Des ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch considèrent que la Russie n'a pas assez d'attributs démocratiques et n'accorde pas assez de droits politiques et de libertés civiles à ses citoyens[47],[48].

Les statistiques de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) indiquent que la Russie est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre de violations des droits de l’homme. Loin devant la Turquie ou l’Ukraine[49].

Dans son rapport annuel de 2020, Amnesty International indique notamment que la torture est endémique et que les tortionnaires restent quasiment totalement impunis, que la modification de la législation a réduit l'indépendance de la justice, que les personnes LGBTI restent discriminées et persécutées et que de nouveaux éléments confirmant les allégations de crimes de guerre par les forces Russes en Syrie ont été apportés[47]. En 2021, Human Rights Watch affirme que la répression n'a jamais été aussi importante depuis la chute de l'URSS en 1991. La censure des médias d'oppositions, le harcèlement des manifestants pacifiques, les campagnes de diffamation contre les groupes indépendants, l'interdiction de nombreuses organisations étrangères font partie des griefs portés par l'ONG[48].

La liberté de la presse est très limitée, avec notamment une télévision d'État entièrement sous contrôle[49]. En 2022, la Russie est classée 155e sur 180 par le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières[50].

Depuis l'invasion de l'Ukraine commencée le 24 février 2022, la Russie est accusée d'attaques constitutives de crimes de guerre[51]. Elle est suspendue du Conseil de l'Europe le , puis son exclusion est votée à l'unanimité le 16 mars parce qu’elle ne respecte plus les valeurs de l'organisation, ni aucun des engagements qu’elle a pris lors de son adhésion. Les citoyens russes n'ont désormais plus accès à la CEDH, les recours russes représentant un quart des cas (dont par exemple, celui de l'activiste anti-corruption Alexeï Navalny)[52].

L'ONG Global Initiative Against Transnational Organized Crime publie en avril 2022 un rapport qui relève qu'à la suite des sanctions économiques et financières qu'elle a subies après l'invasion de l'Ukraine, la Russie, avec l'aide des Émirats arabes unis (EAU), utilise son influence en Afrique de l'Ouest pour exploiter les marchés illicites de l'or afin de générer des bénéfices et déplacer des capitaux, ceci malgré la condamnation par les EAU de l'invasion de l'Ukraine. Le marché de l'or des EAU, qui a augmenté pour devenir l'un des plus importants au monde au cours de la dernière décennie, conserve une réglementation inadéquate susceptible de permettre un commerce non éthique[53].

Le 26 septembre 2022, un rapport du Comité pour la protection des journalistes révèle que des journalistes russes ont été arrêtés alors qu'ils couvraient des manifestations de protestation contre la « mobilisation partielle » des réservistes annoncée par Vladimir Poutine le 21 septembre[54].

Corruption

En ce qui concerne la corruption, la Russie est classée, en 2021, 139e sur 180 pays par Transparency International avec un indice de perception de la corruption de 29 sur 100, ce qui en fait le pays le plus corrompu du continent européen[46],[55].

Cela s'explique en partie par l’économie de réseau héritée de la période des privatisations des années 1990. Cette distribution des ressources et des entreprises a façonné les rapports de force dans les plus hautes sphères du pouvoir en Russie au profit de certains oligarques faisant désormais partie intégrante de la réalité socio-économique et politique du pays. De plus le manque de certains attributs d’un État de droit (justice indépendante, liberté d’association et de presse) laisse une forme d’anomie autoritaire se dessiner en Russie, affaiblissant la constitution d’un appareil déjà déficient de lutte contre la corruption[56].

Démographie

Carte ethnique de la Russie européenne avant la Première Guerre mondiale.
Évolution de la population entre 1950 et 2015 (chiffres du Service fédéral des statistiques, population en millions d'habitants).

La population de la Russie s'établit approximativement à 146,17 millions d'habitants en 2021[8], avec un taux d'urbanisation élevé (73 % de la population). La densité est de 8,5 hab./km2, mais la population est très inégalement répartie sur le territoire : de 26,9 en Russie d'Europe (Oural compris) elle tombe à 2,5 en Russie d'Asie. L'urbanisation tend à dépeupler la « Russie profonde » au profit de grandes métropoles et plus particulièrement des villes de la Russie européenne.

Historique

Des cosaques de Sibérie.

Après la Seconde Guerre mondiale, qui avait entraîné la mort d'environ 27 millions de personnes[57] (civils et militaires), la population avait retrouvé son niveau d'avant-guerre en 1955 (111 millions), puis s'était accrue de près de 35 % en atteignant son maximum en 1992 (148,7 millions). Cependant plusieurs phénomènes sont venus modifier cette dynamique démographique dont la plus importante est sans doute la « normalisation » de la fécondité russe qui a effectué à compter de 1988 sa transition démographique et présente désormais un taux de natalité proche de celui des autres pays d'Europe de l'Est, c'est-à-dire très bas.

La population de la Russie augmente depuis 2009 du fait de l'immigration, d'une hausse de la natalité et d'une baisse de la mortalité. En 2013, le taux de natalité s'établit à 13,3  tandis que le taux de mortalité s'élève à 13,1 . L'indice de fécondité est de 1,7 enfant par femme. Depuis 2007, pour enrayer la diminution de la population, l'administration Vladimir Poutine octroie un capital maternité de 267 500 roubles (environ 6 300 euros) à la naissance du second enfant. Depuis 2019, la population russe rebaisse.

Le déficit naturel est en partie compensé par des flux migratoires en provenance des pays issus de l'éclatement de l'URSS. L'immigration, qui était dans les années 1990 essentiellement le fait de russophones, a aujourd'hui des origines plus mélangées (immigration chinoise et ouzbèke)[réf. nécessaire]. En 2008, la Russie comptait quelque 10 millions d'immigrés[58]. La crise économique, l'augmentation du chômage et la redéfinition de l'identité russe provoquent une montée de la xénophobie dans le pays : 74 meurtres à caractère raciste ont été recensés en 2007, 114 en 2008[58], ce qui est à mettre en perspective avec les statistiques inférieures des autres pays européens connaissant désormais eux aussi ce phénomène. Par ailleurs, le courant d'émigration en direction d'Israël, des États-Unis et de l'Allemagne, très important durant les années 1990, s'est aujourd'hui pratiquement tari et fut bien inférieur à certaines prévisions[59].

L'espérance de vie est inférieure à la moyenne européenne pour les femmes (75 ans) mais l'est surtout pour les hommes : pour ceux-ci, l'âge moyen au décès est de 63 ans (inférieur de 9 ans à la moyenne européenne et de 14 ans à la moyenne française) soit un taux de mortalité de 15 ‰ pour un taux de natalité de 9 ‰. L'espérance de vie a connu une chute dramatique pendant la période de chaos politique et économique des années 1990, à la suite de la disparition de l'Union soviétique. Cela s'explique par divers facteurs : l'alcoolisme de masse, le suicide, un système de santé déficient qui ne réussit pas à stopper le développement rapide du SIDA et la tuberculose[60]. Ainsi, la Russie a connu pendant la crise de la période de transition quatre fois plus de morts violentes que les États-Unis[60] : en effet, elle se classait à l'époque au deuxième rang mondial pour les homicides (28,4 pour 100 000 habitants en 2000[61]) et troisième pour les suicides (38,4 pour 100 000 habitants en 2002[62]). L'arrivée, plus tardive qu'à l'Ouest, de certaines épidémies comme le sida explique aussi la situation : à la fin de 2005, la Russie enregistrait près de 350 000 infections au VIH[63]. L'alcoolisme en Russie était un problème de santé publique de premier plan. Un plan gouvernemental restreignant la vente d'alcool, en augmentant le prix et en interdisant la publicité, a fait baisser la consommation de 43 % entre 2003 et 2016[64],[65]. Cette baisse a contribué à la hausse de l'espérance de vie, qui a atteint un niveau record en 2018, pour s'établir à 78 ans pour les femmes et 68 ans pour les hommes. Au début des années 1990, l'espérance de vie des hommes n'était que de 57 ans[64].Face à cette situation, le gouvernement russe a inscrit dans son programme la mise en place d'une politique nataliste reposant sur des incitations financières pour la naissance des 2e et 3e enfants. Ainsi, en 2009, la population russe a augmenté pour la première fois depuis 1995, sous l'effet conjugué depuis quatre ans d'une remontée de la natalité et d'une baisse de la mortalité[66].

Après le rattachement de la Crimée à la fédération le , la population russe a subitement augmenté d'environ deux millions d'habitants, portant le total à environ 146,5 millions d'habitants.

Villes

Malgré la faiblesse de la densité moyenne, la Russie est un pays fortement urbanisé : près des trois quarts des Russes (73 %) résident en ville, soit 106,5 millions de ses habitants au sein d'environ 1 100 villes et 1 400 bourgs. Quelque 20 % des Russes se concentrent dans des villes de plus d'un million d'habitants et 45 % dans des zones urbaines de plus de cent mille âmes[67].

Langues

Le russe est la langue d'État de la fédération. Par ailleurs 37 langues ont un statut de langue d'État dans les républiques, et 15 autres langues ont un statut officiel. Un grand nombre d'autres langues sont parlées en Russie.

Religions

L'église de la Nativité et la cathédrale Saint-Alexandre-Nevski avec un stade sur la Strelka de Nijni Novgorod
La mosquée Qolsharif est située dans le Kremlin de Kazan.

Répartition statistique des croyances religieuses

La Russie compterait en 2014, environ 77 % de croyants (dont 70 % de chrétiens)[68].

Le dénombrement des pratiquants est toutefois difficile et le CIA Factbook donnait l'évaluation suivante en 2006[33] :

Éducation

Université d'État de Moscou.

Le taux d'alphabétisation est dans la moyenne des pays de l'OCDE : 99,7 % en 2019[69].

Les populations n'appartenant pas à l'ethnie russe sont souvent bilingues (exemples : russe et tatar, russe et oudmourte, russe et iakoute, russe et arménien).

Entre 2003 et 2008, le taux de scolarisation brut pour les hommes et femmes est de 96 % et le taux de scolarisation net est de 91 %. Dans un cadre éducatif, 21 % des enfants scolarisés utilisent un accès à Internet, en 2007[réf. souhaitée]. Le taux de suivi en dernière année d'école primaire est de 99 %, entre 2003 et 2008, d'après les données administratives russes[réf. souhaitée]. D'après l'Unicef, le taux de scolarisation en secondaire est de 85 % pour les hommes et de 83 % pour les femmes entre 2003 et 2008[70].

Art et culture

Portrait de Léon Tolstoï, Ilia Répine (1887).
Piotr Ilitch Tchaïkovski.

La littérature russe prend son essor à Saint-Pétersbourg avec Alexandre Pouchkine, qui est considéré comme l'un des fondateurs de la littérature moderne russe et est parfois surnommé le « Shakespeare russe ». Parmi les poètes et écrivains russes les plus célèbres figurent Nicolas Gogol, Mikhaïl Lermontov, Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï et Anton Tchekhov. Les écrivains les plus marquants de la période soviétique sont Boris Pasternak, Alexandre Soljenitsyne, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Cholokhov et les poètes Evgueni Evtouchenko et Andreï Voznessenski.

Un grand nombre de groupes ethniques vivant en Russie ont des traditions folkloriques très variées. La musique russe du XIXe siècle est caractérisée par l'existence de deux courants musicaux : celui représenté par le compositeur Mikhaïl Glinka et ses successeurs, dont le Groupe des Cinq, qui ont inclus des éléments folkloriques et religieux dans leurs compositions et la Société musicale russe dirigée par Anton et Nikolaï Rubinstein aux accents plus traditionnels. La tradition du romantisme tardif incarnée par Tchaïkovski ou encore Nikolaï Rimski-Korsakov (bien qu'également successeur de Glinka), fut prolongée au XXe siècle par Sergueï Rachmaninov, l'un des derniers grands compositeurs de musique romantique.

Les compositeurs du XXe siècle de renommée mondiale comprennent Alexandre Scriabine, Igor Stravinsky, Sergueï Rachmaninov, Serge Prokofiev et Dmitri Chostakovitch. À l'époque soviétique, la musique était sous surveillance constante du régime, car elle était un moyen d'éduquer les masses socialistes, et elle ne devait pas être influencée, selon la propagande officielle, « par la décadence bourgeoise ». Les conservatoires de Russie ont produit des générations de solistes de renommée mondiale. Parmi les plus connus figurent les violonistes David Oïstrakh, Leonid Kogan et Gidon Kremer, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch, les pianistes Vladimir Horowitz, Sviatoslav Richter et Emil Gilels et la cantatrice Galina Vichnevskaïa.

Tchaïkovski composa des ballets connus dans le monde entier comme Le Lac des cygnes, Casse-Noisette et La Belle au bois dormant. Au début du XXe siècle, les danseurs russes Anna Pavlova et Vaslav Nijinski devinrent célèbres et les déplacements à l'étranger des Ballets russes influencèrent fortement le développement de la danse dans le monde. Le ballet soviétique a préservé à la perfection les traditions du XIXe siècle et les écoles de chorégraphie de l'Union soviétique ont fait naître de grandes étoiles, admirées partout comme Maïa Plissetskaïa, Rudolf Noureev et Mikhaïl Barychnikov. Le ballet du Bolchoï à Moscou et le celui du Mariinsky à Saint-Pétersbourg sont universellement prisés.

Le Cuirassé Potemkine, affiche originale du célèbre film de Sergueï Eisenstein en 1925.

Alors que le cinéma a souvent été considéré comme une forme de divertissement bon marché à destination des classes populaires, la production cinématographique en Russie a eu dès 1917 un rôle culturel important : immédiatement après la révolution de 1917, le cinéma soviétique a exploré les possibilités et les limites du montage avec par exemple des films comme Le Cuirassé Potemkine. Le régime utilisait cet art pour former les masses, mais il tenta cependant de le faire avec des formes nouvelles et une grande créativité. Des réalisateurs soviétiques comme Sergueï Eisenstein et Andreï Tarkovski marquèrent leur époque et eurent une grande influence sur les cinéastes contemporains. Eisenstein fut l'élève du metteur en scène et théoricien Lev Koulechov, qui mit au point les principes du montage cinématographique dans la première école du cinéma créée au monde, l'institut du cinéma de l'Union à Moscou. En 1932, Staline promulgua le réalisme socialiste soviétique comme fondement de l'art soviétique, ce qui freina la créativité, mais beaucoup d'œuvres produites à cette époque sont des réussites artistiques comme Tchapaev, Quand passent les cigognes et la Ballade du soldat.

Le cinéma soviétique fut en crise dans les années 1980 et 1990. Les réalisateurs russes n'étaient plus obligés d'affronter la censure, mais les réductions des subventions d'État ne leur permettaient de produire qu'un nombre réduit de films. Le début du XXIe siècle quant à lui se caractérisa par un accroissement des entrées en salle et en conséquence une prospérité accrue de l'industrie cinématographique.

L'art de la vidéo est très populaire dans la Russie moderne. La Russie est l'un des marchés prioritaires pour YouTube[71]. L'épisode le plus populaire de la série animée russe Masha et Michka a plus de 3 milliards de vues[72]. La chaîne « +100500 », qui héberge des critiques de vidéos pour des vidéos amusantes et BadComedian, qui fait des critiques pour des films populaires, est particulièrement populaire. De nombreuses bandes-annonces de films russes ont été nommées aux Golden Trailer Awards[73],[74]. Beaucoup de vidéos de Nikolay Kurbatov (en), éditeur russe, poète et publiciste, le fondateur de bande-annonce de poétique et de construction de la bande-annonce[75] ont été téléchargés sur les grandes chaînes YouTube, ont été utilisés comme bandes-annonces principales et entrés dans le livre des records[76],[77].

Voir aussi : Culture russe (catégorie)Musique russe (catégorie)Théâtre russe (catégorie)Cinéma russe (catégorie)Théâtre russeCinéma russe et soviétique

Architecture

Panorama du quai du Kremlin avec la silhouette de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou (à gauche).

Depuis la christianisation de la Rus' de Kiev, l'architecture russe a été influencée par l'architecture byzantine pendant de nombreuses années. Outre les fortifications (kremlins), les principaux bâtiments en pierre de l'ancienne Rus' étaient des églises orthodoxes avec leurs nombreux dômes, souvent dorés ou peints de couleurs vives.

Aristotile Fioravanti et d'autres architectes italiens ont introduit la mode de la Renaissance en Russie depuis la fin du XVe siècle, tandis que le XVIe siècle vit le développement des églises uniques en forme de tente (chatior) culminant dans la cathédrale Sainte-Basile-le-Bienheureux[78].

La cathédrale Saint-Basile sur la Place Rouge, Moscou, l'un des symboles les plus populaires du pays.

À cette époque-là, la conception du dôme en forme d'oignon, ou clocher à bulbe, était complètement développée[79].

Au XVIIe siècle, le « style ardent » de l'ornementation a prospéré à Moscou et à Iaroslavl, ouvrant progressivement la voie au Baroque Narychkine dans les années 1690. Après les réformes de Pierre Ier le Grand, le changement de style architectural en Russie a généralement suivi celui de l'Europe occidentale.

Le goût du XVIIIe siècle pour l'architecture rococo a conduit aux œuvres ornées de Bartolomeo Rastrelli et de ses disciples. Les règnes de Catherine II et de son petit-fils Alexandre Ier ont vu fleurir l'architecture néoclassique, notamment à Saint-Pétersbourg, capitale de la Russie à cette époque. La seconde moitié du XIXe siècle a été dominée par les styles néo-byzantin et néo-russe. Les styles prédominants du XXe siècle étaient l'Art nouveau, le constructivisme russe et l'architecture stalinienne.

Durant la période stalinienne, la tradition de préservation a été brisée. Les sociétés de préservation indépendantes, même celles qui ne défendaient que des sites séculiers tel l'OIRU basé à Moscou, ont été dissoutes à la fin des années 1920. Une nouvelle campagne antireligieuse, lancée en 1929 coïncide avec le collectivisme agricole ; la destruction des églises dans les villes atteint un sommet vers 1932. Un certain nombre d'églises ont été démolies, dont la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.

Le dôme de la cathédrale néoclassique Saint-Issac de Saint-Pétersbourg.

À Moscou seulement, les disparitions d'édifices notables de 1917 à 2006 sont estimées à plus de 640 (dont 150 à 200 bâtiments classés, sur un inventaire total de 3 500) - certains ont complètement disparu, d'autres ont été remplacés par des répliques en béton.

En 1955, un nouveau leader soviétique, Nikita Khrouchtchev, a condamné les « excès » de l'ancienne académique d'architecture et la fin de l'ère soviétique a été dominée par le fonctionnalisme simple en architecture. Cela a quelque peu aidé à résoudre le problème du logement, mais en créant une grande quantité de bâtiments de faible qualité architecturale, contrastant significativement avec les styles lumineux antérieurs. En 1959, Nikita Khrouchtchev a lancé la campagne antireligieuse. En 1964, plus de 10 000 églises sur 20 000 ont été fermées (principalement dans les zones rurales) et beaucoup ont été démolies. Sur 58 monastères et couvents en activité en 1959, seulement 16 restaient en 1964, sur 50 églises de Moscou en activité en 1959, 30 ont été fermées et 6 démolies.

Le monument Millénaire de la Russie (1862), conçu pour la commémoration du millième anniversaire de la venue de Riourik en tant que premier prince de Novgorod (862).

Fêtes et jours fériés

Jour de la Victoire, Saint-Pétersbourg, le 9 mai 2016.
Date Nom français Nom local Remarques
Nouvel an Новый год Férié
7 janvier Noël (orthodoxe) Рождество Христово Férié
13 janvier Nouvel an « ancien » (julien) Старый новый год Non férié
23 février Fête du Défenseur de la Patrie День Защитника Отечества Ancienne Fête de l'Armée rouge, et désormais Fête des hommes, jour férié.
8 mars Journée internationale des femmes Международный женский день Fête des femmes, jour férié.
Fête du printemps et du travail (le Pervomaï) Праздник весны и труда (Первомай)
9 mai Fête de la victoire de la Grande Guerre patriotique (1941-1945) День Победы в Великой Отечественной войне

Jour férié. Anniversaire de la signature de l’acte de capitulation nazie à l’heure de Moscou (9 mai à 01h01).

12 juin Jour de Russie (Fête de la Souveraineté de la fédération de Russie) День России (День суверенитета РФ) Le , le Parlement russe démocratiquement élu proclama l'indépendance de la Russie vis-à-vis de l'Union soviétique.
4 novembre Fête de l'unité nationale День национального единства
7 novembre Fête de Réconciliation (Anniversaire de la Révolution russe 1917) День согласия и примирения Non férié
12 décembre Jour de Constitution День Конституции Non férié depuis 2005.

Outre ces jours fériés, il existe un grand nombre de fêtes de corporations (Профессиональные праздники). Ces jours ne sont pas chômés, mais les plus importants sont célébrés officiellement (12 avril : journée de la cosmonautique ; 28 mai : jour des gardes-frontières ; 5 octobre : jour des enseignants ; 10 novembre : jour de la police…).

Notes et références

Notes

  1. en incluant la Crimée annexée unilatéralement en 2014 au détriment de l'Ukraine, ainsi que les territoires ukrainiens annexés unilatéralement en 2022 : l’oblast de Donetsk, l’oblast de Louhansk, l’oblast de Kherson et l’oblast de Zaporijjia.

Références

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Voir aussi

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Infographies et dossiers

Bibliographie

Géographie et géopolitique

Caucase

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Histoire


Russie médiévale

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Empire russe

Union soviétique

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  • Dominique Venner, Les blancs et les rouges : histoire de la guerre civile russe, Pygmalion, 1998. (ISBN 978-2-85704-518-2)
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  • Pascal Lorot, Histoire de la Perestroïka, Presses universitaires de France, 1993. (ISBN 978-2-13-045344-4).
  • Moshe Lewin, La Formation du système soviétique. Essais sur l'histoire sociale de la Russie dans l'entre-deux-guerres, Gallimard, Paris, 1987, 466 p.
  • Moshe Lewin, La Grande Mutation soviétique, La Découverte, Paris, 1989 (titre original : The Gorbatchev Phenomenon).
  • Moshe Lewin, Le Siècle soviétique, Fayard / Le Monde diplomatique, Paris, 2003, 526 p.
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  • Boris Souvarine, Sur Lénine, Trotski et Staline (1978-79), entretiens avec Branko Lazitch et Michel Heller. Précédé de Boris par Michel Heller, éditions Allia, 1990. Nouvelle édition précédée de La Controverse sur Lénine, la révolution et l'histoire par Michel Heller, Paris, Allia, 2007.
  • Marc Ferro, Naissance et effondrement du régime communiste en Russie, Librairie générale française, coll. « Le Livre de Poche. Références », Paris, 1997, 152 p. (ISBN 978-2-253-90538-7) (réunit des cours donnés au Collège universitaire français de Moscou).

Russie post 1991

Divers

Monde russe, essais

Économie

Articles connexes

Liens externes

Liens institutionnels