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=== Publications et théorie de la bande dessinée (année 1980) ===
=== Publications et théorie de la bande dessinée (année 1980) ===
En 1980, ses amis [[Didier Pasamonik|Didier]] et Daniel Pasamonik, qui viennent de fonder [[Magic Strip]], publient son premier livre, une monographie consacrée à [[Jacques Tardi]]<ref name ="GroensteenBDGest" />{{,}}<ref name="Giret29122009" />. L'ouvrage délaisse la biographie pour une approche analytique de l'œuvre et a l'aspect d'un livre d'art. En 1983, il rédige l'essentiel du rédactionnel de ''[[Spirou]]'' et y crée, avec [[Glem]], le personnage éphémère de Freddy Guidon<ref name ="GroensteenSpirou">{{Lien web|nom=Bernard Coulange|url=https://bdoubliees.com/journalspirou/auteurs2/groensteen.htm|titre=Groensteen Thierry dans Spirou|site=bdoubliees.com|consulté le=12 décembre 2022}}.</ref>. Il collabore également au rédactionnel d'<nowiki/>''[[(À suivre)]]''<ref name ="GroensteenAsuivre">{{Lien web|nom=Bernard Coulange|url=https://bdoubliees.com/asuivre/auteurs2/groensteen.htm|titre=Groensteen Thierry dans (À suivre)|site=bdoubliees.com|consulté le=12 décembre 2022}}.</ref> et publie en 1982 chez [[Glénat]] ''L'Ingénue et le dictateur'', premier volet des aventures africaines d'''Antoine et Victor'', avec le dessinateur Jean Lucas. Le deuxième épisode, ''Les Compagnons du Mashamba'', est prépublié dans ''[[Circus (périodique)|Circus]]''<ref name ="Groensteencircus">{{Lien web|url=https://www.bdoubliees.com/circus/auteurs2/groensteen.htm|titre=Groensteen Thierry dans Circus|site=bdoubliees.com|consulté le=12 décembre 2022}}.</ref>, mais la trilogie projetée reste inachevée.
En 1980, ses amis [[Didier Pasamonik|Didier]] et Daniel Pasamonik, qui viennent de fonder [[Magic Strip]], publient son premier livre, une monographie consacrée à [[Jacques Tardi]]<ref name ="GroensteenBDGest" />{{,}}<ref name="Giret29122009" />. L'ouvrage délaisse la biographie pour une approche analytique de l'œuvre et a l'aspect d'un livre d'art. En 1983, il rédige des articles rédactionnels de ''[[Spirou]]'' et y crée, avec [[Glem]], le personnage éphémère de Freddy Guidon (1983-1985)<ref name ="GroensteenSpirou">{{Lien web|nom=Bernard Coulange|url=https://bdoubliees.com/journalspirou/auteurs2/groensteen.htm|titre=Groensteen Thierry dans Spirou|site=bdoubliees.com|consulté le=12 décembre 2022}}.</ref>. Il collabore également au rédactionnel d'<nowiki/>''[[(À suivre)]]''<ref name ="GroensteenAsuivre">{{Lien web|nom=Bernard Coulange|url=https://bdoubliees.com/asuivre/auteurs2/groensteen.htm|titre=Groensteen Thierry dans (À suivre)|site=bdoubliees.com|consulté le=12 décembre 2022}}.</ref> et publie en 1982 chez [[Glénat]] ''L'Ingénue et le dictateur'', premier volet des aventures africaines d'''Antoine et Victor'', avec le dessinateur Jean Lucas. Le deuxième épisode, ''Les Compagnons du Mashamba'', est prépublié dans ''[[Circus (périodique)|Circus]]''<ref name ="Groensteencircus">{{Lien web|url=https://www.bdoubliees.com/circus/auteurs2/groensteen.htm|titre=Groensteen Thierry dans Circus|site=bdoubliees.com|consulté le=12 décembre 2022}}.</ref>, mais la trilogie projetée reste inachevée.


En {{Date|janvier 1984|en bande dessinée}}, il prend en main ''[[Les Cahiers de la bande dessinée]]''<ref name="Giret29122009" />, l'ancien fanzine de [[Jacques Glénat]] qui était en perte de vitesse après cinquante-cinq numéros. Distribuée en kiosque, tirée à {{nombre|12000|exemplaires}}, la revue propose, sous la direction de Groensteen, une approche critique très poussée de la bande dessinée. Elle contribue à faire reconnaître la bande dessinée comme art véritable auprès du grand public et de l'université. Groensteen abandonne la tâche en {{Date|décembre 1988|en bande dessinée}}, après vingt-huit numéros. La revue ne survit que quelques mois à son départ. De 1986 à 1990, Groensteen assure également la chronique mensuelle de bande dessinée du ''[[Le Monde|Monde]]''.
En {{Date|janvier 1984|en bande dessinée}}, il prend en main ''[[Les Cahiers de la bande dessinée]]''<ref name="Giret29122009" />, l'ancien fanzine de [[Jacques Glénat]] qui était en perte de vitesse après cinquante-cinq numéros. Distribuée en kiosque, tirée à {{nombre|12000|exemplaires}}, la revue propose, sous la direction de Groensteen, une approche critique très poussée de la bande dessinée. Elle contribue à faire reconnaître la bande dessinée comme art véritable auprès du grand public et de l'université. Groensteen abandonne son rôle de [[rédacteur en chef]] en {{Date|décembre 1988|en bande dessinée}}, après vingt-huit numéros. La revue ne survit que quelques mois à son départ. De 1986 à 1990, Groensteen assure également la chronique mensuelle de bande dessinée du supplément littéraire du ''[[Le Monde|Monde]]''<ref name="Pasamonik2021">{{Article|auteur=[[Didier Pasamonik]]|titre=Les habits neufs de l’histoire de la bande dessinée francophone (3/3) : la bande dessinée a son « Bouquin »|périodique=[[ActuaBD]]|date=28 février 2021|lire en ligne=https://www.actuabd.com/Les-habits-neufs-de-l-histoire-de-la-bande-dessinee-francophone-3-3-la-bande|consulté le=14 décembre 2022|id=Pasamonik2021}}.</ref>{{,}}<ref name ="Mondediplomatique">{{Lien web|url=https://archive.org/stream/LeMondeDiplomatique1989FranceFrench/Apr%2021%201989%2C%20Le%20Monde%20Diplomatique%2C%20%2313758%2C%20France%20%28fr%29_djvu.txt|titre=Le Monde Diplomatique, 1989|site=Le Monde Diplomatique|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>.
De {{Date-|septembre 1986}} à {{Date-|juin 1989}}, il enseigne à l’[[Institut des hautes études des communications sociales]] à [[Mons]]<ref name ="novanima" /> le langage de la bande dessinée, d'abord seul, puis aux côtés de [[Thierry Smolderen]]. C'est sa première expérience de l'enseignement.


En 1987, il organise le colloque « Bande dessinée, récit et modernité », qui se tient du {{1er}} au {{Date|11|août|1987|en bande dessinée}} à Cerisy<ref name="Oury">{{Article|nom=Antoine Oury|titre=Dirigé par Thierry Groensteen, avec Lewis Trondheim : Le Bouquin de la bande dessinée|date=20 janvier 2021 |périodique=[[ActuaLitté]]|lire en ligne=https://actualitte.com/article/98432/avant-parutions/dirige-par-thierry-groensteen-avec-lewis-trondheim-le-bouquin-de-la-bande-dessinee|consulté le=13 décembre 2022|id=Oury}}.</ref>. [[Jean-Christophe Menu]] y fait la connaissance de [[Lewis Trondheim]]. Les actes du colloque sont publiés par les éditions [[Futuropolis (maison d'édition)|Futuropolis]]. De 1986 à 1989, il enseigne à l’Institut des Hautes Études des communications sociales le langage de la bande dessinée, d'abord seul, puis aux côtés de [[Thierry Smolderen]]. C'est sa première expérience de l'enseignement.
En 1987, il organise le colloque « Bande dessinée, récit et modernité », qui se tient du {{1er}} au {{Date|11|août|1987|en bande dessinée}} à Cerisy<ref name="Oury">{{Article|nom=Antoine Oury|titre=Dirigé par Thierry Groensteen, avec Lewis Trondheim : Le Bouquin de la bande dessinée|date=20 janvier 2021 |périodique=[[ActuaLitté]]|lire en ligne=https://actualitte.com/article/98432/avant-parutions/dirige-par-thierry-groensteen-avec-lewis-trondheim-le-bouquin-de-la-bande-dessinee|consulté le=13 décembre 2022|id=Oury}}.</ref>. [[Jean-Christophe Menu]] y fait la connaissance de [[Lewis Trondheim]]. Les actes du colloque sont publiés par les éditions [[Futuropolis (maison d'édition)|Futuropolis]].


En {{Date|septembre 1988|en bande dessinée}}, le [[Centre national de la bande dessinée et de l'image]] (CNBDI) d'Angoulême le recrute comme « conseiller scientifique ». Groensteen s'installe à [[Angoulême]] l'année suivante. En parallèle à ses missions pour le CNBDI, il enseigne l'histoire et la théorie de la bande dessinée à l'[[École européenne supérieure de l'image|École supérieure de l'image]] et deviendra par la suite en 2008 un intervenant régulier au sein de son Master Bande Dessinée<ref name=":0" />. Il monte au Centre d’action culturelle de la ville sa première exposition en 1990, ''Little Nemo et autres songes de Winsor McCay''<ref name="Sabourin2017" />. À Angoulême, il revient également à ses premières amours théâtrales, jouant [[Marivaux]] (''La Dispute''), [[Jean-Claude Grumberg]] (''Rixe'') ou encore [[Martial Courcier]] (''L'Opposé du contraire''<ref name="CarteblancheBDzoom">{{Article|titre=« Carte blanche » à Thierry Groensteen : une vie pour la Bande Dessinée|périodique=BDZoom|date=29 octobre 2009|lire en ligne=http://bdzoom.com/6287/actualites/%C2%AB-carte-blanche-%C2%BB-a-thierry-groensteen-une-vie-pour-la-bande-dessinee/|consulté le=14 décembre 2022|id=CarteblancheBDzoom}}.</ref>).
En {{Date|septembre 1988|en bande dessinée}}, le [[Centre national de la bande dessinée et de l'image]] (CNBDI) d'Angoulême le recrute comme « conseiller scientifique ». Groensteen s'installe à [[Angoulême]] l'année suivante. En parallèle à ses missions pour le CNBDI, il enseigne l'histoire et la théorie de la bande dessinée à l'[[École européenne supérieure de l'image|École supérieure de l'image]] et deviendra par la suite en 2007 un intervenant régulier au sein de son Master Bande Dessinée<ref name ="novanima" />. Il monte au Centre d’action culturelle de la ville sa première exposition en 1990, ''Little Nemo et autres songes de Winsor McCay''<ref name="Sabourin2017" />. À Angoulême, il revient également à ses premières amours théâtrales, jouant [[Marivaux]] (''La Dispute''), [[Jean-Claude Grumberg]] (''Rixe'') ou encore [[Martial Courcier]] (''L'Opposé du contraire''<ref name="CarteblancheBDzoom">{{Article|titre=« Carte blanche » à Thierry Groensteen : une vie pour la Bande Dessinée|périodique=BDZoom|date=29 octobre 2009|lire en ligne=http://bdzoom.com/6287/actualites/%C2%AB-carte-blanche-%C2%BB-a-thierry-groensteen-une-vie-pour-la-bande-dessinee/|consulté le=14 décembre 2022|id=CarteblancheBDzoom}}.</ref>).


=== Études et directions de publications (années 1990) ===
=== Études et directions de publications (années 1990) ===
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{{refnec|Cet ouvrage, mis à jour en 1996, passe alors assez inaperçu, mais reste une référence valable à la fin des [[années 2000]].}} -->
{{refnec|Cet ouvrage, mis à jour en 1996, passe alors assez inaperçu, mais reste une référence valable à la fin des [[années 2000]].}} -->


En 1992, il démissionne du CNBDI<ref name="Sabourin2017">{{Article|auteur=Frédéric Sabourin|périodique=[[Charente libre]] |date=13 mai 2017|titre=BD: Groensteen entre au Musée}}.</ref> et soutient à [[Université Toulouse-Jean-Jaurès|Toulouse-Le Mirail]] un mémoire de DEA, ''Le système spatio-topique de la bande dessinée'', afin de faire valider par l'université ses acquis professionnels. En 1996, il y soutient sa thèse en Lettres modernes, ''Système de la bande dessinée'', devant Mireille Dottin-Orsini, [[Pierre Fresnault-Deruelle]], [[Bernard Magné]] et [[Pascal Ory]]<ref>{{Lien web|site=Theses.fr|titre=''Système de la bande dessinée'' par Thierry Groensteen|sous-titre=Thèse de doctorat en Littérature et civilisation comparées|année=1996|lieu=Université Toulouse 2|url=http://www.theses.fr/1996TOU20039}}.</ref>. Elle obtient la mention « très honorable » avec les félicitations du jury. Elle est publiée aux [[Presses universitaires de France]] en 1999, sous le même titre. L'ouvrage, assez complexe, propose une approche [[sémiotique]] de la bande dessinée. Il sera traduit dans de nombreux pays (États-Unis, Japon, Italie, République tchèque, Chili...) et sera complété en 2011 par un tome 2 intitulé ''Bande dessinée et narration''.
En 1992, il démissionne du CNBDI<ref name="Sabourin2017">{{Article|auteur=Frédéric Sabourin|périodique=[[Charente libre]] |date=13 mai 2017|titre=BD: Groensteen entre au Musée}}.</ref> et soutient à [[Université Toulouse-Jean-Jaurès|Toulouse-Le Mirail]] un mémoire de [[Diplôme d'études approfondies|DEA]], ''Le système spatio-topique de la bande dessinée'', afin de faire valider par l'université ses acquis professionnels. En 1996, il y soutient sa thèse en Lettres modernes, ''Système de la bande dessinée'', devant Mireille Dottin-Orsini, [[Pierre Fresnault-Deruelle]], [[Bernard Magné]] et [[Pascal Ory]]<ref>{{Lien web|site=Theses.fr|titre=''Système de la bande dessinée'' par Thierry Groensteen|sous-titre=Thèse de doctorat en Littérature et civilisation comparées|année=1996|lieu=Université Toulouse 2|url=http://www.theses.fr/1996TOU20039}}.</ref>. Elle obtient la mention « très honorable » avec les félicitations du jury. Elle est publiée aux [[Presses universitaires de France]] en 1999, sous le même titre. L'ouvrage, assez complexe, propose une approche [[sémiotique]] de la bande dessinée. Il sera traduit dans de nombreux pays<ref group="Note">L'ouvrage ''Système de la bande dessinée'' est traduit aux États-Unis, Japon, Italie, République tchèque, Chili.</ref> et sera complété en 2011 par un tome 2 intitulé ''Bande dessinée et narration'' chez le même éditeur.


En 1993, il est un des membres fondateurs de l’[[Ouvroir de bande dessinée potentielle|Oubapo]]<ref name ="Cavarroc" />, Ouvroir de bande dessinée potentielle, groupe fondé sur le modèle de l'[[Oulipo]]. Il contribue en 1997 à la première publication du groupe, l’''Oupus'' 1, publié par [[L'Association]], avec un texte fondateur recensant les contraintes formelles spécifiques à la BD. Il se met en congé du groupe en 1999. Fin 1993, il réintègre le CNBDI comme directeur du musée<ref name="Sabourin2017" />. En 1994, il crée et dirige, avec [[Henry Dougier]], la collection « Histoires graphiques » aux éditions [[Autrement]]. Cinq titres sont publiés jusqu'en 1997. La même année, il rédige avec [[Benoît Peeters]] un ouvrage sur [[Rodolphe Töpffer]], dont il fait rééditer les histoires en estampes aux [[éditions du Seuil]].
En 1993, il est un des membres fondateurs de l’[[Ouvroir de bande dessinée potentielle|Oubapo]]<ref name ="Cavarroc" />, Ouvroir de bande dessinée potentielle, groupe fondé sur le modèle de l'[[Oulipo]]. Il contribue en 1997 à la première publication du groupe, l’''Oupus'' 1, publié par [[L'Association]], avec un texte fondateur recensant les contraintes formelles spécifiques à la BD. Il se met en congé du groupe en 1999. Fin 1993, il réintègre le CNBDI comme directeur du musée<ref name="Sabourin2017" />. En 1994, il crée et dirige, avec [[Henry Dougier]], la collection « Histoires graphiques » aux éditions [[Autrement]]. Cinq titres sont publiés jusqu'en 1997<ref name ="novanima" />. La même année, il rédige avec [[Benoît Peeters]] un ouvrage sur [[Rodolphe Töpffer]], dont il fait rééditer les histoires en estampes aux [[éditions du Seuil]].


En 1996, alors que Groensteen vient d'obtenir la nationalité française, paraît le premier numéro de la revue du musée de la bande dessinée, ''[[Neuvième Art (périodique)|Neuvième Art]]'', qu'il dirige. Reprenant l'héritage des ''Cahiers de la bande dessinée'', ''Neuvième Art''<ref name="Oury" />, édité par le CNBDI, est un annuel luxueux portant un regard critique avancé aussi bien sur le patrimoine de la bande dessinée que sur ses manifestations les plus contemporaines.
En 1996, alors que Groensteen vient d'obtenir la nationalité française, paraît le premier numéro de la revue du musée de la bande dessinée, ''[[Neuvième Art (périodique)|Neuvième Art]]'', qu'il dirige. Reprenant l'héritage des ''Cahiers de la bande dessinée'', ''Neuvième Art''<ref name="Oury" />, édité par le CNBDI, est un annuel luxueux portant un regard critique avancé aussi bien sur le patrimoine de la bande dessinée que sur ses manifestations les plus contemporaines<ref>{{Article|auteur=Ralph Doumit|titre=Le {{9e}} art, entre crise et mutation|périodique=[[L'Orient littéraire]]|date=février 2017|lire en ligne=https://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=65&nid=6784|consulté le=14 décembre 2022|id=LOrient}}.</ref>.


Multipliant ses participations institutionnelles, Groensteen entre au Centre d’Étude de l’Écriture (groupe de recherche Paris VII-CNRS) comme chercheur associé en 1998<ref name="Oury" />, et tient à partir de 1999 la chronique de bande dessinée de ''Vient de paraître'', publié par l'[[Association pour la diffusion de la pensée française]] (ministère français des Affaires étrangères).
Multipliant ses participations institutionnelles, Groensteen entre au Centre d’Étude de l’Écriture (groupe de recherche Paris VII-CNRS) comme chercheur associé en 1997 jusqu'en 2002<ref name="Oury" />{{,}}<ref name ="novanima" />, et tient à partir de 1999 la chronique de bande dessinée de ''Vient de paraître'', publié par l'[[Association pour la diffusion de la pensée française]] (ministère français des Affaires étrangères).


=== Maison d'édition et activités diverses (années 2000) ===
=== Maison d'édition et activités diverses (années 2000) ===
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Recevant une bourse dite « d'année sabbatique » du [[Centre national du livre]] en {{Date-|juin 2001}}, il se consacre à l'écriture. En 2002 paraît un ouvrage sur ''[[La Cage (Vaughn-James)|La Cage]]'' de [[Martin Vaughn-James]] et l'année suivante un autre, ''Lignes de vie'', consacré au visage dans la bande dessinée.
Recevant une bourse dite « d'année sabbatique » du [[Centre national du livre]] en {{Date-|juin 2001}}, il se consacre à l'écriture. En 2002 paraît un ouvrage sur ''[[La Cage (Vaughn-James)|La Cage]]'' de [[Martin Vaughn-James]] et l'année suivante un autre, ''Lignes de vie'', consacré au visage dans la bande dessinée.


En 2002, après être devenu administrateur de la Maison des Auteurs<ref name="Sabourin2017" />, il crée, toujours à Angoulême, sa structure d'édition, les [[Éditions de l'An 2]]<ref name="Eynard2003">{{Article|auteur1=Julien Eynard|auteur2=Thierry Groensteen (int.)|périodique=[[Sud Ouest]] |date=4 août 2003|titre=L'aventurier de l'édition}}.</ref>, qui publie des bandes dessinées contemporaines (révélant [[Jens Harder]], [[Barbara Yelin]], [[Olivier Schrauwen]], [[Anthony Pastor]] ou encore [[Florent Grouazel]] et [[Younn Locard]]), réédite des grandes œuvres du passé ([[Arthur Burdett Frost|A. B. Frost]], [[Fletcher Hanks]], [[Guido Crepax]], [[H. M. Bateman]], [[Antonio Rubino]], [[Ernie Bushmiller]], [[Cliff Sterrett]]...), et propose divers ouvrages critiques, écrits par Groensteen ou par [[Harry Morgan (auteur)|Harry Morgan]]. L'An 2 coédite les numéros 8 à 13 de ''Neuvième Art'', devenu semestriel. Cependant, Jean-Marie Compte, alors directeur du CNBDI, décide de dématérialiser la revue, qui devient un site en ligne. En 2006, Groensteen publie un nouvel ouvrage critique, consacré au comique chez [[Hergé]] et l'essai ''Un objet culturel non identifié'', qui fait le bilan de trente années de légitimation progressive de la bande dessinée, tout en expliquant pourquoi certains clichés perdurent. Mais le {{Date|28 décembre 2006|en bande dessinée}}, L'An 2 dépose le bilan après {{Nobr|67 titres}} publiés. Dès l'année suivante, Groensteen dirige pour [[Actes Sud]] la collection « Actes Sud-L'An 2 », poursuivant son travail d'éditeur en faisant l'économie d'une structure autonome<ref name="Giret29122009">{{Article|auteur=Haude Giret|périodique=Sud Ouest |date=29 décembre 2009|titre=Trente ans de BD : exposition à Poitiers}}.</ref>.
En 2002, après être devenu administrateur de la Maison des Auteurs<ref name="Sabourin2017" /> où il assure la fonction de secrétaire avant d'en devenir président<ref name ="novanima" />, il crée, toujours à Angoulême, sa structure d'édition, les [[Éditions de l'An 2]]<ref name="Eynard2003">{{Article|auteur1=Julien Eynard|auteur2=Thierry Groensteen (int.)|périodique=[[Sud Ouest]] |date=4 août 2003|titre=L'aventurier de l'édition}}.</ref>, qui publie des bandes dessinées contemporaines (révélant [[Jens Harder]], [[Barbara Yelin]], [[Olivier Schrauwen]], [[Anthony Pastor]] ou encore [[Florent Grouazel]] et [[Younn Locard]]), réédite des grandes œuvres du passé ([[Arthur Burdett Frost|A. B. Frost]], [[Fletcher Hanks]], [[Guido Crepax]], [[H. M. Bateman]], [[Antonio Rubino]], [[Ernie Bushmiller]], [[Cliff Sterrett]]...), et propose divers ouvrages critiques, écrits par Groensteen ou par [[Harry Morgan (auteur)|Harry Morgan]]. L'An 2 coédite les numéros 8 à 13 de ''Neuvième Art'', devenu semestriel. Cependant, Jean-Marie Compte, alors directeur du CNBDI, décide de dématérialiser la revue, qui devient un site en ligne. En 2006, Groensteen publie un nouvel ouvrage critique, consacré au comique chez [[Hergé]] et l'essai ''Un objet culturel non identifié'', qui fait le bilan de trente années de légitimation progressive de la bande dessinée, tout en expliquant pourquoi certains clichés perdurent. Mais le {{Date|28 décembre 2006|en bande dessinée}}, L'An 2 dépose le bilan après {{Nobr|67 titres}} publiés. Dès l'année suivante, Groensteen dirige pour [[Actes Sud]] la collection « Actes Sud-L'An 2 », poursuivant son travail d'éditeur en faisant l'économie d'une structure autonome<ref name="Giret29122009">{{Article|auteur=Haude Giret|périodique=Sud Ouest |date=29 décembre 2009|titre=Trente ans de BD : exposition à Poitiers}}.</ref>.
En 2008, avec Patrice Cablat (fondateur du collectif d'auteurs Coconino), Groensteen signe en tant que scénariste un album sur le fanatisme religieux au [[Yémen]] : ''Les Pierres aveugles'', publié aux éditions Actes Sud<ref name="Taugis">{{Article|auteur=David Taugis|titre=Les pierres aveugles - Par Groensteen & Cablat - Editions de l’An 2 / Actes Sud|périodique=ActuaBD|date=1er juin 2008|lire en ligne=https://www.actuabd.com/Les-pierres-aveugles-Par-Groensteen-Cablat-Editions-de-l-An-2-Actes-Sud|consulté le=14 décembre 2022|id=Taugis}}.</ref>{{,}}<ref>{{Article|auteur=Alexandre Le Boulc'h|périodique=Charente Libre |date=16 juin 2008|titre=Un album angoumoisin au rayon BD. Thierry Groensteen et Patrice Cablat deux Angoumoisins viennent de publier un récit de voyage original qui traite du fanatisme religieux au Yémen}}.</ref>.
En 2008, avec Patrice Cablat (fondateur du collectif d'auteurs Coconino), Groensteen signe en tant que scénariste un album sur le fanatisme religieux au [[Yémen]] : ''Les Pierres aveugles'', publié aux éditions Actes Sud<ref name="Taugis">{{Article|auteur=David Taugis|titre=Les pierres aveugles - Par Groensteen & Cablat - Editions de l’An 2 / Actes Sud|périodique=ActuaBD|date=1er juin 2008|lire en ligne=https://www.actuabd.com/Les-pierres-aveugles-Par-Groensteen-Cablat-Editions-de-l-An-2-Actes-Sud|consulté le=14 décembre 2022|id=Taugis}}.</ref>{{,}}<ref>{{Article|auteur=Alexandre Le Boulc'h|périodique=Charente Libre |date=16 juin 2008|titre=Un album angoumoisin au rayon BD. Thierry Groensteen et Patrice Cablat deux Angoumoisins viennent de publier un récit de voyage original qui traite du fanatisme religieux au Yémen}}.</ref>.
En 2009, il publie ''La Bande dessinée, son histoire et ses maîtres'', volumineux ouvrage qui sert de catalogue au nouveau musée de la Bande dessinée, désormais implanté dans les Chais Magelis<ref name="LObs">{{Article|titre=La BD dans les chais d'Angoulême|périodique=[[L'Obs]]|date=19 juin 2009|lire en ligne=https://bibliobs.nouvelobs.com/bd/20090619.BIB3609/la-bd-dans-les-chais-d-039-angouleme.html|consulté le=14 décembre 2022|id=Rivière}}.</ref>. Il prend la rédaction en chef de la revue numérique ''NeuvièmeArt2.0''<ref name="Oury" /> et lance en {{Date-|janvier 2010}} son propre [[blog]], ''Neuf et demi'', où, pendant un an, il publie de nombreux billets critiques. La médiathèque François Mitterand de [[Poitiers]] lui consacre une exposition : ''Une vie pour la bande dessinée''<ref name="CarteblancheBDzoom" />{{,}}<ref name="Giret29122009" />. En 2010, avec [[Gilles Ciment]] et d'autres collaborateurs est publié ''100 cases de maître : un art graphique, la bande dessinée'' (éd. [[La Martinière Groupe|La Martinière]]), qui analyse l'œuvre de cent auteurs<ref name="Tallet">{{Article|auteur=Richard Tallet|périodique=Charente Libre |date=6 novembre 2010|titre=Onze auteurs pour cent maîtres|lire en ligne=https://www.charentelibre.fr/culture-et-loisirs/bande-dessinee/onze-auteurs-pour-cent-maitres-de-la-bd-6510188.php|consulté le=14 décembre 2022|id=Tallet}}.</ref>.
En 2009, il publie ''La Bande dessinée, son histoire et ses maîtres'', volumineux ouvrage qui sert de catalogue au nouveau musée de la Bande dessinée, désormais implanté dans les Chais Magelis<ref name="LObs">{{Article|titre=La BD dans les chais d'Angoulême|périodique=[[L'Obs]]|date=19 juin 2009|lire en ligne=https://bibliobs.nouvelobs.com/bd/20090619.BIB3609/la-bd-dans-les-chais-d-039-angouleme.html|consulté le=14 décembre 2022|id=Rivière}}.</ref>. Il prend la rédaction en chef de la revue numérique ''NeuvièmeArt2.0''<ref name="Oury" /> et lance en {{Date-|janvier 2010}} son propre [[blog]], ''Neuf et demi'', où, pendant un an, il publie de nombreux billets critiques. La médiathèque François Mitterand de [[Poitiers]] lui consacre une exposition : ''Une vie pour la bande dessinée''<ref name="CarteblancheBDzoom" />{{,}}<ref name="Giret29122009" />. En 2010, avec [[Gilles Ciment]] et d'autres collaborateurs est publié ''100 cases de maître : un art graphique, la bande dessinée'' (éd. [[La Martinière Groupe|La Martinière]]), qui analyse l'œuvre de cent auteurs<ref name="Tallet">{{Article|auteur=Richard Tallet|périodique=Charente Libre |date=6 novembre 2010|titre=Onze auteurs pour cent maîtres|lire en ligne=https://www.charentelibre.fr/culture-et-loisirs/bande-dessinee/onze-auteurs-pour-cent-maitres-de-la-bd-6510188.php|consulté le=14 décembre 2022|id=Tallet}}.</ref>.
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En début d'année 2019, il publie une monographie en hommage à [[Marcel Gotlib]] ''Gotlib Un abécédaire'' (éd. Les Impressions nouvelles)<ref name="Perroud2019">{{Article|auteur=A. Perroud|titre=Les chroniques BD Gest' Gotlib Un abécédaire|périodique=BD Gest'|date=14 janvier 2019|lire en ligne=https://www.bdgest.com/chronique-8992-BD-AUT-Gotlib-Gotlib-Un-abecedaire.html|id=Perroud2019}}.</ref> puis c'est sous le [[pseudonyme|nom de plume]] de Noé Sergent qu'il publie le polar ''Écran noir sur Angoulême'' aux éditions La Déviation la même année<ref name ="Rietsch">{{harvsp|Écran noir sur Angoulême, un polar made in Charente|id=Rietsch}}.</ref>. Pourtant rétif à l'exercice [[Lewis Trondheim]] se confie dans ''Entretiens avec Lewis Trondheim'' publiés à [[L'Association]]<ref name="Machado">{{Article|auteur=Y. Machado|titre=Les chroniques BD Gest' Entretiens avec Lewis Trondheim|périodique=BD Gest'|date=6 avril 2020|lire en ligne=https://www.bdgest.com/chronique-9818-BD-AUT-Trondheim-Entretiens-avec-Lewis-Trondheim.html|id=Machado}}.</ref>.
En début d'année 2019, il publie une monographie en hommage à [[Marcel Gotlib]] ''Gotlib Un abécédaire'' (éd. Les Impressions nouvelles)<ref name="Perroud2019">{{Article|auteur=A. Perroud|titre=Les chroniques BD Gest' Gotlib Un abécédaire|périodique=BD Gest'|date=14 janvier 2019|lire en ligne=https://www.bdgest.com/chronique-8992-BD-AUT-Gotlib-Gotlib-Un-abecedaire.html|id=Perroud2019}}.</ref> puis c'est sous le [[pseudonyme|nom de plume]] de Noé Sergent qu'il publie le polar ''Écran noir sur Angoulême'' aux éditions La Déviation la même année<ref name ="Rietsch">{{harvsp|Écran noir sur Angoulême, un polar made in Charente|id=Rietsch}}.</ref>. Pourtant rétif à l'exercice [[Lewis Trondheim]] se confie dans ''Entretiens avec Lewis Trondheim'' publiés à [[L'Association]]<ref name="Machado">{{Article|auteur=Y. Machado|titre=Les chroniques BD Gest' Entretiens avec Lewis Trondheim|périodique=BD Gest'|date=6 avril 2020|lire en ligne=https://www.bdgest.com/chronique-9818-BD-AUT-Trondheim-Entretiens-avec-Lewis-Trondheim.html|id=Machado}}.</ref>.


Approchant de la retraite, Groensteen écrit son autobiographie qu'il fait illustrer par [[François Ayroles]] dans la collection « Mémoire vive » aux éditions [[PLG (maison d'édition)|PLG]] en 2021<ref name ="Cavarroc" />. En 2022, Groensteen commence par compléter son ''Système de la bande dessinée'' avec le troisième tome ''La Bande dessinée et le temps'' dans lequel il démontre l'importance majeure de la représentation du temps dans les littératures en images<ref name="Goudmand">{{Article|auteur=Anaïs Goudmand|titre=La bande dessinée et le temps (Thierry Groensteen)|périodique=Hypothèses|date=31 janvier 2022|lire en ligne=https://lpcm.hypotheses.org/19726|consulté le=13 décembre 2022|id=Goudmand}}.</ref> (éd. Presses universitaires François-Rabelais) et il publie aussi quelques mois plus tard ''La Bande Dessinée en France à la Belle Époque : 1880-1914'' (éd. Les Impressions nouvelles) et défriche un pan méconnu de l'histoire du {{9e}} Art<ref name="Pasamonik2022">{{Article|auteur=[[Didier Pasamonik]]|titre=La Bande Dessinée en France à la Belle Époque : un continent inexploré|périodique=[[ActuaBD]]|date=25 novembre 2022|lire en ligne=https://www.actuabd.com/La-Bande-Dessinee-en-France-a-la-Belle-Epoque-un-continent-inexplore|consulté le=12 décembre 2022|id=Pasamonik2022}}.</ref>.
Approchant de la retraite, Groensteen écrit son autobiographie qu'il fait illustrer par [[François Ayroles]] dans la collection « Mémoire vive » aux éditions [[PLG (maison d'édition)|PLG]] en 2021<ref name ="Cavarroc" />. En 2022, Groensteen commence par compléter son ''Système de la bande dessinée'' avec le troisième tome ''La Bande dessinée et le temps'' dans lequel il démontre l'importance majeure de la représentation du temps dans les littératures en images<ref name="Goudmand">{{Article|auteur=Anaïs Goudmand|titre=La bande dessinée et le temps (Thierry Groensteen)|périodique=Hypothèses|date=31 janvier 2022|lire en ligne=https://lpcm.hypotheses.org/19726|consulté le=13 décembre 2022|id=Goudmand}}.</ref> (éd. Presses universitaires François-Rabelais) et il publie aussi quelques mois plus tard ''La Bande Dessinée en France à la Belle Époque : 1880-1914'' (éd. Les Impressions nouvelles) et défriche un pan méconnu de l'histoire du {{9e}} Art<ref name="Pasamonik2022">{{Article|auteur=Didier Pasamonik|titre=La Bande Dessinée en France à la Belle Époque : un continent inexploré|périodique=ActuaBD|date=25 novembre 2022|lire en ligne=https://www.actuabd.com/La-Bande-Dessinee-en-France-a-la-Belle-Epoque-un-continent-inexplore|consulté le=12 décembre 2022|id=Pasamonik2022}}.</ref>.
=== Les conférences ===
En outre, Groensteen donne des conférences publiques notamment à Aix, Angoulême, Bastia, Barcelone, Berlin, Berne, Bruxelles<ref name="ConfBruxelles">{{Lien web|url=https://hubertybreyne.com/fr/actualites/article/535/samedi-10-decembre-a-15-h-30-conference-de-thierry-groensteen-a-la-galerie|titre=Samedi 10 décembre à 15 h 30 : conférence de Thierry Groensteen à la galerie Huberty & Breyne|site=hubertybreyne.com|date=2022|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Charleroi, Coblence<ref name="ConfCoblence">{{Lien web|langue=de|url=https://www.comicgesellschaft.de/en/2010/10/11/bilder-des-comic-die-jahrestagung-der-comfor-im-november-2010/|titre="Bilder des comic". Die Jahrestagung der comfor im november 2010|site=comicgesellschaft.de|date=11 octobre 2010|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Genève, Helsinki, Landerneau<ref name="ConfLanderneau">{{Lien web|url=https://www.fonds-culturel-leclerc.fr/archives-blog-conf%C3%A9rence-de-thierry-groensteen-931-87-0-0.html|titre=Conférence de Thierry Groensteen - Vendredi 5 février 2016 - Mattotti dessinateur du corps|site=[[Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture]]|date=29 janvier 2016|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Liège<ref name="ConfLiège">{{Lien web|url=https://www.eesi.eu/site/spip.php?article786|titre=Colloque international : « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale — tirer un trait / tisser des liens » , du 16 au 18 novembre, Liège|site=eesi.eu|date=novembre 2011|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Londres, Lyon<ref name="ConfLyon">{{Lien web|url=http://www.citebd.org/spip.php?article8241|titre=conférence : bravo les brothers, par thierry groensteen|site=citebd.org|date=24 novembre 2016|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Mégève<ref name="ConfMégève">{{Lien web|url=https://cnlj.bnf.fr/fr/page-evenement/exposition-lignes-de-cr-te-la-bande-dessin-e-sur-les-sommets|titre=Exposition "Lignes de crête - La bande dessinée sur les sommets"|site=[[BNF]]|date=2021|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, New York, Paris<ref name="SoBD">{{Lien web|url=http://www.topfferiana.fr/2015/10/la-place-de-rodolphe-topffer-debat-entre-thierry-groensteen-et-thierry-smolderen/|titre=La place de Rodolphe Töpffer : débat entre Thierry Groensteen et Thierry Smolderen|site=topfferiana.fr|date=16 octobre 2015|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Prague, Saint-Pétersbourg, Toronto<ref name="ConfToronto">{{Lien web|langue=en|url=http://www.comicsresearch.org/CAC/2002panels.html|titre=List of Panels, including our special event : Thierry Groensteen on "The Building of The Cage "|site=comicsresearch.org|date=mars 2002|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Valencia, Växjo et Washington<ref name ="novanima" />.


== Œuvres ==
== Œuvres ==
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* ''Verve : [[Ever Meulen]] 1988-2005''<ref>{{Article|auteur=Daniel Couvreur|titre=Coup de Coeur - Ever Meulen, de l'ironie à l'essentiel|périodique=[[Le Soir]]|date=2 septembre 2006|lire en ligne=https://www.lesoir.be/art/%252Fever-meulen-de-l-ironie-a-l-essentiel_t-20060902-0066CZ.html|consulté le=19 novembre 2022|id=Couvreur2006|accès url=payant}}.</ref> (avec [[Art Spiegelman]] et Bart De Keyser), Angoulême : L'An 2, 2006 {{ISBN|2-84856-053-3}}.
* ''Verve : [[Ever Meulen]] 1988-2005''<ref>{{Article|auteur=Daniel Couvreur|titre=Coup de Coeur - Ever Meulen, de l'ironie à l'essentiel|périodique=[[Le Soir]]|date=2 septembre 2006|lire en ligne=https://www.lesoir.be/art/%252Fever-meulen-de-l-ironie-a-l-essentiel_t-20060902-0066CZ.html|consulté le=19 novembre 2022|id=Couvreur2006|accès url=payant}}.</ref> (avec [[Art Spiegelman]] et Bart De Keyser), Angoulême : L'An 2, 2006 {{ISBN|2-84856-053-3}}.
* ''100 Cases de maître : Un art graphique, la bande dessinée''<ref name="Tallet" /> (avec [[Gilles Ciment]]), Paris : La Martinière, 2010 {{ISBN|978-2-7324-4140-5}}.
* ''100 Cases de maître : Un art graphique, la bande dessinée''<ref name="Tallet" /> (avec [[Gilles Ciment]]), Paris : La Martinière, 2010 {{ISBN|978-2-7324-4140-5}}.
* {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Thierry|nom1=Groensteen|directeur1=Thierry Groensteen|prénom2=Lewis|nom2=Trondheim|lien auteur2=Lewis Trondheim|responsabilité2=Illustrateur|prénom3=Pierre|nom3=Pierre Lungheretti|responsabilité3=Auteur|titre=Le Bouquin de la bande dessinée<ref name ="MinCulture">{{harvsp|Spécial BD20>21 : « Le Bouquin de la bande dessinée », un voyage dans l'univers du {{9e}} art|id=MinCulture}}.</ref>{{,}}<ref name="Oury" />|sous-titre=dictionnaire esthétique et thématique|lieu=Paris, Angoulême|éditeur=[[Éditions Robert Laffont|Robert Laffont]] ; La Cité internationale de la bande dessinée et de l'image|année=2020|pages totales=854|isbn= 9782221247068|isbn2=2-2212-4706-X|oclc=1236453113| format=ill. ; {{Unité|20|cm}}|présentation en ligne=https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/222124706X/le-bouquin-de-la-bande-dessinee-lewis-trondheim}}.
* {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Thierry|nom1=Groensteen|directeur1=Thierry Groensteen|prénom2=Lewis|nom2=Trondheim|lien auteur2=Lewis Trondheim|responsabilité2=Illustrateur|prénom3=Pierre|nom3=Pierre Lungheretti|responsabilité3=Auteur|titre=Le Bouquin de la bande dessinée<ref name ="MinCulture">{{harvsp|Spécial BD20>21 : « Le Bouquin de la bande dessinée », un voyage dans l'univers du {{9e}} art|id=MinCulture}}.</ref>{{,}}<ref name="Oury" />{{,}}<ref name="Pasamonik2021" />|sous-titre=dictionnaire esthétique et thématique|lieu=Paris, Angoulême|éditeur=[[Éditions Robert Laffont|Robert Laffont]] ; La Cité internationale de la bande dessinée et de l'image|année=2020|pages totales=854|isbn= 9782221247068|isbn2=2-2212-4706-X|oclc=1236453113| format=ill. ; {{Unité|20|cm}}|présentation en ligne=https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/222124706X/le-bouquin-de-la-bande-dessinee-lewis-trondheim}}.


==== Catalogues d'exposition ====
==== Catalogues d'exposition ====
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* ''Alex Barbier : Les Paysages de la nuit'' (interview), avec Jean-Pierre Delvalle (réalisation), Angoulême : Centre national de la bande dessinée et de l'image, 1999, {{Nobr|26 min.}} {{BNF|38417133}}.
* ''Alex Barbier : Les Paysages de la nuit'' (interview), avec Jean-Pierre Delvalle (réalisation), Angoulême : Centre national de la bande dessinée et de l'image, 1999, {{Nobr|26 min.}} {{BNF|38417133}}.
*''La Grande Expo''<ref name ="GrandeexpoIMDb">{{Lien web|langue=En|url=https://www.imdb.com/title/tt8097090/?ref_=nm_knf_t_1|titre=La grande expo|site=Internet Movie Database|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Mini-série télévisée, documentaire, 2013.
*''La Grande Expo''<ref name ="GrandeexpoIMDb">{{Lien web|langue=En|url=https://www.imdb.com/title/tt8097090/?ref_=nm_knf_t_1|titre=La grande expo|site=Internet Movie Database|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, Mini-série télévisée, documentaire, 2013.
* ''Phylactère''<ref name ="Filmographie">{{Lien web|url=https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_liste_generique/C_77382_F|titre=Thierry Groensteen - Auteur - Filmographie|site=film-documentaire.fr|date=21 mai 2022|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>{{,}}<ref name ="girelle">{{Lien web|url=https://www.girelle.fr/production;filter=31,32,33,34,35,55/(focus:phylactere/87)|titre=Phylactère En diffusion|site=girelle.fr|date=21 mai 2022|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, série documentaire conçue par Thierry Groensteen saison 1 en 2012 et saison 2 en 2015.
* ''Phylactère''<ref name ="Filmographie">{{Lien web|url=https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_liste_generique/C_77382_F|titre=Thierry Groensteen - Auteur - Filmographie|site=film-documentaire.fr|date=21 mai 2022|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>{{,}}<ref name ="girelle">{{Lien web|url=https://www.girelle.fr/production;filter=31,32,33,34,35,55/(focus:phylactere/87)|titre=Phylactère En diffusion|site=girelle.fr|date=21 mai 2022|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>{{,}}<ref name ="novanima">{{Lien web|format=PDF|url=http://novanima.eu/wp-content/uploads/bsk-pdf-manager/2019/05/DP-Phylacte%CC%80re-.pdf|titre=Novanima Productions présentent Phylactère|site=novanima.eu|date=21 mai 2022|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>, série documentaire conçue par Thierry Groensteen saison 1 en 2012 et saison 2 en 2015.
* ''Lucky Luke, la fabrique du western européen'', Téléfilm, 2016, {{unité|52|min}}, participation comme historien<ref name ="LuckyLukeIMDb">{{Lien web|langue=En|url=https://www.imdb.com/title/tt6087014/?ref_=nm_knf_t_4|titre=Lucky Luke, la fabrique du western européen|site=Internet Movie Database|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>.
* ''Lucky Luke, la fabrique du western européen'', Téléfilm, 2016, {{unité|52|min}}, participation comme historien<ref name ="LuckyLukeIMDb">{{Lien web|langue=En|url=https://www.imdb.com/title/tt6087014/?ref_=nm_knf_t_4|titre=Lucky Luke, la fabrique du western européen|site=Internet Movie Database|consulté le=14 décembre 2022}}.</ref>.



Version du 14 décembre 2022 à 19:30

Thierry Groensteen
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (67 ans)
UccleVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Noé SergentVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domicile
Activités
Autres informations
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Thierry Groensteen, né le à Uccle (Bruxelles), est un historien et théoricien de la bande dessinée de nationalité belge et française.

Il contribue dans les années 1980 au développement de la théorie de la bande dessinée en dirigeant Les Cahiers de la bande dessinée, puis en travaillant pour Le Monde.

À travers missions institutionnelles[1], publications, expositions, enseignement[2]et conférences[1], il poursuit depuis ses travaux de théorisation et légitimation de la bande dessinée.

C'est l'un des théoriciens francophones de la bande dessinée les plus visibles avec Benoît Peeters, Pierre Fresnault-Deruelle et Harry Morgan. Il écrit également de la fiction.

Biographie

Formation (1960-1970)

Thierry Groensteen naît le à Uccle (Région de Bruxelles Capitale)[3]. De 1960 à 1975, Thierry Groensteen est élève de l'École européenne de Bruxelles[4]. Au début des années 1970, il suit des cours de théâtre, tout en dirigeant Buck, le journal de son école, qu'il transforme progressivement en fanzine de bande dessinée. Tome y publie ses premières planches[3], Numa Sadoul et Didier Pasamonik rédigent des articles.

Après son baccalauréat, il étudie à partir de 1975 le journalisme à l'IHECS (Institut des hautes études des communications sociales), à Tournai, dont il sera diplômé en 1979. Après avoir été stagiaire pour Le Soir[5] en 1978, il travaille à la Direction générale de l'Information de la Commission des Communautés européennes jusqu'en 1983. Cependant, dès cette époque, il s'oriente avant tout vers la bande dessinée, tout en se produisant comme comédien amateur dans plusieurs troupes bruxelloises.

Publications et théorie de la bande dessinée (année 1980)

En 1980, ses amis Didier et Daniel Pasamonik, qui viennent de fonder Magic Strip, publient son premier livre, une monographie consacrée à Jacques Tardi[3],[6]. L'ouvrage délaisse la biographie pour une approche analytique de l'œuvre et a l'aspect d'un livre d'art. En 1983, il rédige des articles rédactionnels de Spirou et y crée, avec Glem, le personnage éphémère de Freddy Guidon (1983-1985)[7]. Il collabore également au rédactionnel d'(À suivre)[8] et publie en 1982 chez Glénat L'Ingénue et le dictateur, premier volet des aventures africaines d'Antoine et Victor, avec le dessinateur Jean Lucas. Le deuxième épisode, Les Compagnons du Mashamba, est prépublié dans Circus[9], mais la trilogie projetée reste inachevée.

En , il prend en main Les Cahiers de la bande dessinée[6], l'ancien fanzine de Jacques Glénat qui était en perte de vitesse après cinquante-cinq numéros. Distribuée en kiosque, tirée à 12 000 exemplaires, la revue propose, sous la direction de Groensteen, une approche critique très poussée de la bande dessinée. Elle contribue à faire reconnaître la bande dessinée comme art véritable auprès du grand public et de l'université. Groensteen abandonne son rôle de rédacteur en chef en , après vingt-huit numéros. La revue ne survit que quelques mois à son départ. De 1986 à 1990, Groensteen assure également la chronique mensuelle de bande dessinée du supplément littéraire du Monde[10],[11]. De à , il enseigne à l’Institut des hautes études des communications sociales à Mons[12] le langage de la bande dessinée, d'abord seul, puis aux côtés de Thierry Smolderen. C'est sa première expérience de l'enseignement.

En 1987, il organise le colloque « Bande dessinée, récit et modernité », qui se tient du 1er au à Cerisy[13]. Jean-Christophe Menu y fait la connaissance de Lewis Trondheim. Les actes du colloque sont publiés par les éditions Futuropolis.

En , le Centre national de la bande dessinée et de l'image (CNBDI) d'Angoulême le recrute comme « conseiller scientifique ». Groensteen s'installe à Angoulême l'année suivante. En parallèle à ses missions pour le CNBDI, il enseigne l'histoire et la théorie de la bande dessinée à l'École supérieure de l'image et deviendra par la suite en 2007 un intervenant régulier au sein de son Master Bande Dessinée[12]. Il monte au Centre d’action culturelle de la ville sa première exposition en 1990, Little Nemo et autres songes de Winsor McCay[14]. À Angoulême, il revient également à ses premières amours théâtrales, jouant Marivaux (La Dispute), Jean-Claude Grumberg (Rixe) ou encore Martial Courcier (L'Opposé du contraire[15]).

Études et directions de publications (années 1990)

En 1991, il publie chez Casterman L'Univers des Mangas : une introduction à la bande dessinée japonaise, premier ouvrage de langue française entièrement consacré à la bande dessinée japonaise[6], et ce avant l'arrivée massive des mangas sur le marché francophone.

En 1992, il démissionne du CNBDI[14] et soutient à Toulouse-Le Mirail un mémoire de DEA, Le système spatio-topique de la bande dessinée, afin de faire valider par l'université ses acquis professionnels. En 1996, il y soutient sa thèse en Lettres modernes, Système de la bande dessinée, devant Mireille Dottin-Orsini, Pierre Fresnault-Deruelle, Bernard Magné et Pascal Ory[16]. Elle obtient la mention « très honorable » avec les félicitations du jury. Elle est publiée aux Presses universitaires de France en 1999, sous le même titre. L'ouvrage, assez complexe, propose une approche sémiotique de la bande dessinée. Il sera traduit dans de nombreux pays[Note 1] et sera complété en 2011 par un tome 2 intitulé Bande dessinée et narration chez le même éditeur.

En 1993, il est un des membres fondateurs de l’Oubapo[5], Ouvroir de bande dessinée potentielle, groupe fondé sur le modèle de l'Oulipo. Il contribue en 1997 à la première publication du groupe, l’Oupus 1, publié par L'Association, avec un texte fondateur recensant les contraintes formelles spécifiques à la BD. Il se met en congé du groupe en 1999. Fin 1993, il réintègre le CNBDI comme directeur du musée[14]. En 1994, il crée et dirige, avec Henry Dougier, la collection « Histoires graphiques » aux éditions Autrement. Cinq titres sont publiés jusqu'en 1997[12]. La même année, il rédige avec Benoît Peeters un ouvrage sur Rodolphe Töpffer, dont il fait rééditer les histoires en estampes aux éditions du Seuil.

En 1996, alors que Groensteen vient d'obtenir la nationalité française, paraît le premier numéro de la revue du musée de la bande dessinée, Neuvième Art, qu'il dirige. Reprenant l'héritage des Cahiers de la bande dessinée, Neuvième Art[13], édité par le CNBDI, est un annuel luxueux portant un regard critique avancé aussi bien sur le patrimoine de la bande dessinée que sur ses manifestations les plus contemporaines[17].

Multipliant ses participations institutionnelles, Groensteen entre au Centre d’Étude de l’Écriture (groupe de recherche Paris VII-CNRS) comme chercheur associé en 1997 jusqu'en 2002[13],[12], et tient à partir de 1999 la chronique de bande dessinée de Vient de paraître, publié par l'Association pour la diffusion de la pensée française (ministère français des Affaires étrangères).

Maison d'édition et activités diverses (années 2000)

En 2001, il démissionne de son poste de directeur du musée de la bande dessinée[14]. Durant ses années à ce poste, il a organisé ou participé à de nombreuses expositions, souvent assorties de catalogues, qui ont donné des ouvrages sur George Herriman, Caran d'Ache, Alberto Breccia, Alex Barbier ou encore Popeye. Il monte également des expositions en Allemagne (à Hambourg et à Hildesheim) et est le commissaire de « Maîtres de la bande dessinée européenne », que la Bibliothèque nationale de France présente à l'automne 2000.

Recevant une bourse dite « d'année sabbatique » du Centre national du livre en , il se consacre à l'écriture. En 2002 paraît un ouvrage sur La Cage de Martin Vaughn-James et l'année suivante un autre, Lignes de vie, consacré au visage dans la bande dessinée.

En 2002, après être devenu administrateur de la Maison des Auteurs[14] où il assure la fonction de secrétaire avant d'en devenir président[12], il crée, toujours à Angoulême, sa structure d'édition, les Éditions de l'An 2[18], qui publie des bandes dessinées contemporaines (révélant Jens Harder, Barbara Yelin, Olivier Schrauwen, Anthony Pastor ou encore Florent Grouazel et Younn Locard), réédite des grandes œuvres du passé (A. B. Frost, Fletcher Hanks, Guido Crepax, H. M. Bateman, Antonio Rubino, Ernie Bushmiller, Cliff Sterrett...), et propose divers ouvrages critiques, écrits par Groensteen ou par Harry Morgan. L'An 2 coédite les numéros 8 à 13 de Neuvième Art, devenu semestriel. Cependant, Jean-Marie Compte, alors directeur du CNBDI, décide de dématérialiser la revue, qui devient un site en ligne. En 2006, Groensteen publie un nouvel ouvrage critique, consacré au comique chez Hergé et l'essai Un objet culturel non identifié, qui fait le bilan de trente années de légitimation progressive de la bande dessinée, tout en expliquant pourquoi certains clichés perdurent. Mais le , L'An 2 dépose le bilan après 67 titres publiés. Dès l'année suivante, Groensteen dirige pour Actes Sud la collection « Actes Sud-L'An 2 », poursuivant son travail d'éditeur en faisant l'économie d'une structure autonome[6]. En 2008, avec Patrice Cablat (fondateur du collectif d'auteurs Coconino), Groensteen signe en tant que scénariste un album sur le fanatisme religieux au Yémen : Les Pierres aveugles, publié aux éditions Actes Sud[19],[20]. En 2009, il publie La Bande dessinée, son histoire et ses maîtres, volumineux ouvrage qui sert de catalogue au nouveau musée de la Bande dessinée, désormais implanté dans les Chais Magelis[21]. Il prend la rédaction en chef de la revue numérique NeuvièmeArt2.0[13] et lance en son propre blog, Neuf et demi, où, pendant un an, il publie de nombreux billets critiques. La médiathèque François Mitterand de Poitiers lui consacre une exposition : Une vie pour la bande dessinée[15],[6]. En 2010, avec Gilles Ciment et d'autres collaborateurs est publié 100 cases de maître : un art graphique, la bande dessinée (éd. La Martinière), qui analyse l'œuvre de cent auteurs[22].

Il participe à l'ouvrage collectif L'Art de la bande dessinée[23],[24],[25], ouvrage qui institue définitivement la bande dessinée en art, publié chez Citadelles & Mazenod (2012) et qui sera censuré par l'éducation nationale en 2014[26].

À partir de 2012, il devient chargé de mission au Conseil départemental détaché auprès de la Cité internationale de la BD (CIBDI)[14], pour laquelle il monte de nouvelles expositions (Parodies, Nocturnes, Mode et bande dessinée...). Il s'intéresse encore à la folie des Réthoré dans La Mercerie : une folie charentaise en 2013[27]. 2014 voit la parution de M. Töpffer invente la bande dessinée (éd. Les Impressions nouvelles), ouvrage sur les origines de la bande dessinée[28].

Le temps de l'écriture

En 2017, Groensteen possède, une collection d'environ 7 000 à 8 000 bandes dessinées. Cette même année, il fait don au Musée de la BD de nombreuses archives personnelles[14]. C'est également en 2017 qu'est publié La bande dessinée au tournant (éd. Les Impressions nouvelles), portant sur les évolutions du statut et du marché de la bande dessinée[29],[30]. Avec un très court essai L’Excellence de chaque art dans la « Iconotextes » aux éditions Presses universitaires François-Rabelais, il fait le point sur la question du parallèle des arts en 2018[31].

En début d'année 2019, il publie une monographie en hommage à Marcel Gotlib Gotlib Un abécédaire (éd. Les Impressions nouvelles)[32] puis c'est sous le nom de plume de Noé Sergent qu'il publie le polar Écran noir sur Angoulême aux éditions La Déviation la même année[33]. Pourtant rétif à l'exercice Lewis Trondheim se confie dans Entretiens avec Lewis Trondheim publiés à L'Association[34].

Approchant de la retraite, Groensteen écrit son autobiographie qu'il fait illustrer par François Ayroles dans la collection « Mémoire vive » aux éditions PLG en 2021[5]. En 2022, Groensteen commence par compléter son Système de la bande dessinée avec le troisième tome La Bande dessinée et le temps dans lequel il démontre l'importance majeure de la représentation du temps dans les littératures en images[35] (éd. Presses universitaires François-Rabelais) et il publie aussi quelques mois plus tard La Bande Dessinée en France à la Belle Époque : 1880-1914 (éd. Les Impressions nouvelles) et défriche un pan méconnu de l'histoire du 9e Art[36].

Les conférences

En outre, Groensteen donne des conférences publiques notamment à Aix, Angoulême, Bastia, Barcelone, Berlin, Berne, Bruxelles[37], Charleroi, Coblence[38], Genève, Helsinki, Landerneau[39], Liège[40], Londres, Lyon[41], Mégève[42], New York, Paris[43], Prague, Saint-Pétersbourg, Toronto[44], Valencia, Växjo et Washington[12].

Œuvres

Ouvrages sur la bande dessinée

  1. Système de la bande dessinée, 1999 (ISBN 2-13-050183-4).
  2. Bande dessinée et Narration : Système de la bande dessinée 2, 2011 (ISBN 978-2-13-058487-2).

Bandes dessinées

Direction d'ouvrages sur la bande dessinée

Catalogues d'exposition

Romans

Autres essais

Vidéographie

  • Tintin et le cheval sans tête[58], Téléfilm de Nadia Bouzidi, 1997, 24 min.
  • Alberto Breccia (concept, interview), avec Bertrand Désormeaux (réalisation), Angoulême : Centre national de la bande dessinée et de l'image, 1999, 26 min. (BNF 38417107).
  • Alex Barbier : Les Paysages de la nuit (interview), avec Jean-Pierre Delvalle (réalisation), Angoulême : Centre national de la bande dessinée et de l'image, 1999, 26 min. (BNF 38417133).
  • La Grande Expo[59], Mini-série télévisée, documentaire, 2013.
  • Phylactère[60],[61],[12], série documentaire conçue par Thierry Groensteen saison 1 en 2012 et saison 2 en 2015.
  • Lucky Luke, la fabrique du western européen, Téléfilm, 2016, 52 min, participation comme historien[62].

Commissariat d'expositions

  • Little Nemo et autres songes de Winsor McCay, Angoulême, , remontée à Sierre et à Rio
  • Alberto Breccia, Angoulême, , remontée à Paris
  • Storyboard : 90 ans de dessins pour le cinéma, Paris, Palais de Tokyo, , remontée à Angoulême
  • Couleur directe, Hambourg, , remontée à Blois, Trévise et Barcelone
  • Alex Barbier, les paysages de la nuit, Angoulême,
  • Anges et démons, Angoulême, , remontée à la Martinique
  • Saint-Ogan l’enchanteur, Angoulême, , remontée à Sierre
  • Naissance de la bande dessinée : les histoires en estampes de Rodolphe Töpffer, Angoulême, , remontée à Genève, Hanovre et Bruxelles
  • Krazy Herriman[56], Angoulême,
  • Les années Caran d'Ache, Angoulême,
  • Tout’an BD, L’Égypte dans la bande dessinée[49], Angoulême, Musée de la bande dessinée, été 1998, remontée à Angers et à Chatou
  • 49-956 : 50 ans de démoralisation de la jeunesse, Angoulême,
  • Astérix, Barbarella et Cie - Trésors du musée de la bande dessinée d'Angoulême[63], Hildesheim, Basse-Saxe, Roemer- und Pelizaeus Museum, -
  • Maîtres de la bande dessinée européenne[64], Bibliothèque nationale de France, Site François Mitterrand, Grande Galerie, du au . Remontée au CNBDI du au
  • Popeye est c'qu'il est et voilà tout c'qu'il est[65], Angoulême, Musée de la bande dessinée, juin-
  • Parodies. La bande dessinée au second degré[66], Angoulême, Musée de la bande dessinée, janvier à
  • Le Musée privé d’Art Spiegelman[67], Angoulême, Musée de la bande dessinée, janvier à
  • Nocturnes. Le rêve dans la bande dessinée[68], Angoulême, Musée de la bande dessinée, à . Remontée en 2015 à la Bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône.
  • Un siècle d'affiches politiques et sociales en bande dessinée (Groensteen co-commissaire d'exposition avec Michel Dixmier)[69], Angoulême, Musée de la bande dessinée, octobre à
  • La bande dessinée d’expression française aujourd’hui[70], Francfort, Foire internationale du livre, Pavillon "Francfort en français", 11-. Remontée en 2018 à Liège[71] (festival de la BD, février), au VietnamHué (avril) et Hanoï (juillet) – et en Charente (médiathèque Alpha + Epiphyte, juillet-août)
  • Mai 68 et la bande dessinée[72], Angoulême, Musée de la bande dessinée, mai à
  • Roman graphique[73], Montricher, Fondation Jan Michalski, du au
  • Alfred : Vagabondages graphiques[74], Angoulême, Musée de la bande dessinée, février à
  • Mode et bande dessinée[75], Angoulême, Musée de la bande dessinée, du au
  • Lignes de crête[76],[77], Le Palais – Espace d’Arts Moderne et Contemporain Edith Allard, Megève du au .
  • Edmond Baudoin : dessiner la vie[78], Angoulême, mars 2022.

Expositions

Prix

Notes et références

Notes

  1. L'ouvrage Système de la bande dessinée est traduit aux États-Unis, Japon, Italie, République tchèque, Chili.

Références

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Annexes

Bibliographie

Livres

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Autobiographie

Périodiques

  • Thierry Groensteen (int. par Franck Aveline), « Entretien avec Thierry Groensteen », L'Indispensable, no 1,‎ , p. 17-24 (lire en ligne, consulté le )
  • Thierry Groensteen (int. par Fabien Tillon), « Out of Angoulême », BoDoï, no 42,‎ , p. 6-7.

Articles

  • Ariel Herbez, « Tintin rit, les filles dessinent : Théoricien incontesté de la bande dessinée, Thierry Groensteen, devenu éditeur, milite pour la publication d'auteurs femmes, et s'effraye du manque de mémoire de ce milieu. », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • Thierry Groensteen (int. par Frédéric Prilleux), « Thierry Groensteen, éditeur d'Anthony Pastor, au sujet de Castilla Drive », k-libre,‎ (lire en ligne, consulté le )
  • Hélène Rietsch, « Écran noir sur Angoulême, un polar made in Charente », Sud Ouest,‎ (lire en ligne Accès payant)
  • Anne Cavarroc, « "Une vie dans les cases" : une autobiographie de Thierry Groensteen », Prologue,‎ (lire en ligne, consulté le )
  • Thierry Groensteen (int. par Quentin Coutanceau), « Thierry Groensteen : “Une vie ne suffirait pas à faire le tour de la bande dessinée” », artistik rezo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • Rédacteur institutionnel, « Spécial BD20>21 : « Le Bouquin de la bande dessinée », un voyage dans l'univers du 9e art », Ministère de la Culture,‎ (lire en ligne, consulté le )
  • Thierry Groensteen (int. par Didier Pasamonik), « Thierry Groensteen : itinéraire d’un théoricien de la BD », ActuaBD,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Émissions de radio

Podcasts

Liens externes